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Vlan #46 Mieux comprendre notre besoin de reconnexion à la nature

mardi 15 mai 2018 à 07:29

Stéphane Hugon est sociologue et je l’ai déjà reçu sur ce podcast pour parler de l’impact des smartphones sur nos générations.
Mais cette fois-çi, nous parlons d’une autre tendance: celle du retour à la nature.

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Si vous habitez en ville et à fortiori à Paris, vous avez sans doute remarqué que vous ressentiez un besoin de plus en plus pressent de vous reconnecter à la nature.
Que ce soit à travers la nourriture bio, des marches dans la forêt, voire un déménagement en zone rurale ou semi-urbaine, ou simplement l’arrivée de plantes et de matériaux bruts dans votre intérieur, cette tendance est partout.
Il est intéressant de voir ce mouvement de balancier assez fort ces derniers temps entre la sur-urbanisation et cet appel de la nature.

 

Un retour à la terre pour une besoin d’enracinement

Comme le souligne Stephane, nous avons d’abord eu un rapport à la terre très fort et ce que nous vivons aujourd’hui est donc un retour à la terre.
Dans notre imaginaire profond, nous avions un rapport d’égalité avec la nature mais avec la sédentarisation, l’agriculture et la création subséquente de la ville, nous avons désormais un rapport de prédation avec la nature.
Et alors que la ville était une promesse d’émancipation, de liberté et de modernité, elle génère de l’ennui car on y perd les relations primales avec la nature et la communauté.
On est, en ce moment, dans un moment particulier de notre imaginaire entre fascination d’un retour au végétal et aux éléments bruts dont on s’est peut être un peu trop éloigné avec l’accélération du modernisme des 30 glorieuses.
Le paradoxe de la ville est d’avoir séparé la nature de la culture et de fait, la ville est devenue le lieu de l’artifice.
Mais que ce soit à travers les tendances sur Instagram #urbanjungle ou dans l’architecture et le design qui mêlent matières brutes et naturelles, nous essayons de nous enraciner d’une manière ou d’une autre.
Il y a une nostalgie dans le rapport que l’on a avec les matériaux de la nature.
Selon Stéphane, nous assistons à un basculement entre la société industrielle du 20ème siècle et une nouvelle ère plus en lien avec la réalité de production.
Le modèle industriel nous a apporté beaucoup de confort mais a fragilisé le lien social entre les gens qui produisent et les gens qui consomment.
Derrière la nostalgie de la terre, il y a une manière subtile d’essayer de reconstituer des formes communautaires et artisanales, qui permettent de donner un rôle à chacun et de créer une co-dépendance.
Cela donne un esprit de groupe et de l’utilité à chacun.
D’ailleurs, il y a plusieurs décennies le mouvement luddiste voulait déjà détruire les machines car si elle produisaient plus vite, elle détruisaient le lien social.

 

La nature: une culpabilité de dévastation

En Europe, nous avons un  rapport de culpabilité vis à vis de la nature qui ne se retrouve pas nécessairement dans d’autres pays.
Ainsi, nous essayons de rétablir un rapport de l’Homme avec son environnement.
Comme l’explique Stéphane, après une tendance à la standardisation des fruits et des légumes (poids, couleurs, formes, tailles), il y a toute une tendance autour du cuisiner ensemble mais aussi dans le plaisir d’éplucher soi-même ses légumes, s’émerveiller de la couleur et du toucher des légumes sans parler de cette campagne publicitaire pour les fruits et légumes « moches ».
Le « bio » nous rappelle cette mémoire ancienne du rapport à la nature.
Toutefois, selon Stephane Hugon, le végan s’inscrit dans un paradoxe car il fait intervenir des émotions humaines (un rapport de non prédation, de sensibilité) dans le rapport à la nature qui est basé sur la « loi de la jungle ». Loin de promouvoir l’abattage en chaîne et l’industrialisation de masse de la production de viande, il remet par contre en cause les fondements du végan.
Cette tendance est un peu, comme le rappelait Isabelle Saporta, un retour de mouvement de balancier ici aussi après des années d’exploitation horrible des animaux.
On produit du politique là où il y a de l’animalité.
Comme il le rappelle, il s’agit surtout et avant tout de vouloir rétablir un équilibre harmonieux entre les Hommes et la nature.

 

Les survivalistes: l’indice d’une transformation du lien social

Avec Stéphane, nous abordons également cette tendance du survivalisme.
Si vous ne connaissez pas, il s’agit d’envisager la fin de la civilisation ou en tous cas, la fin de notre modèle de société et donc de survivre dans des conditions extrêmes sans le confort matériel classique.
Il s’agit donc d’un retour très brutal à la nature mais aussi à la force et à tout ce que l’on peut imaginer dans ce genre de situation.
Pour lui, il s’agit plus d’un rapport social, il y a ce besoin de se préparer et de se méfier mais aussi de reconstituer cet espace, un petit territoire de confiance dans lequel les relations vont être beaucoup plus fortes et beaucoup plus entières.
Le survivaliste n’est finalement qu’un indice de la transformation du lien social qui considère que le lointain devient quelque chose de suspect et néfaste et qu’il faut se rapprocher d’un localisme, c’est à dire ceux avec lesquels je vais lutter contre l’alterité.
On se méfie des autres, pour reconstituer entre nous une relation qui avait disparu.
Quand on y pense, on rejette sur l’autre, la fragilité de notre propre lien social.

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Vlan #45 Pourquoi Los Angeles est la ville du futur aux U.S

mardi 8 mai 2018 à 09:47

Fabrice Nadjari est un entrepreneur français vivant entre Paris et Los Angeles. Je l’ai déjà reçu sur ce podcast pour un sujet tout à fait différent mais vous allez voir qu’il est particulièrement pertinent ici aussi.
Je reviens avec lui sur cette ville trop méconnue en France et surtout dont on ignore l’attrait actuel pour les américains.

Quand on habite (ou que l’on a habité NYC), on sait à quel point, les new-Yorkais adorent leur ville d’adoption (en général) et se moquent de ceux qui ont choisi de vivre ailleurs.
Mais depuis 2 ou 3 ans, pour la première fois, NYC regarde L.A. et on voit de plus en plus de personnes vivant à NYC partir de l’autre coté du pays.
A un point tel qu’il est difficile d’ignorer qu’il s’agit d’une tendance et par conséquent que cela mérite de s’y intéresser.

Los Angeles est à la parfaite croisée des chemins

Comme nous l’explique Fabrice, sur les 5 dernières années, il y a une vraie mutation de Los Angeles.
Historiquement, cette ville a été principalement mono industrie autour du divertissement et de Hollywood.
Evidemment, comme il le souligne, si on regarde un peu dans le détail, il ne s’agit pas d’une seule industrie mais de plusieurs verticales (effet spéciaux, son, vidéo…) qui ont permis à L.A. de prendre le devant de la scène du divertissement dans le monde entier.
Ainsi, il y a encore 10 ans, près de 80% des personnes vivant à L.A. étaient employées de manière directe ou indirecte par Hollywood.

Toutefois, il y a eu sur ces dernières années, la convergence de plusieurs phénomènes:
D’abord l’arrivée de plusieurs artistes contemporains qui venaient chercher de l’espace car NYC était devenue trop chère.
Par ailleurs, une scène technologique s’est développée avec, en fer de lance, Snap mais aussi Netflix ou encore Tesla pour ne citer que les plus connues bien sur.
Désormais, il existe une « Silicon Beach » dans laquelle beaucoup d’investisseurs et de start-ups très sérieuses s’installent.

De la même manière, les Youtubers et plus largement les influenceurs arrivent en masse à L.A. où ils se retrouvent tous.
Cela a débuté avec les personnes présentent sur Vine qui se sont toutes installées (ça ne s’invente pas) dans un immeuble de Vine Street. D’abord Jerome Jarre puis tous les autres y compris Lele Pons devenue entre temps une influenceuse majeure avec plus de 24 millions de followers sur Instagram par exemple.
Désormais, quand on souhaite développer sa carrière d’influenceur sur l’occident, il semble pertinent d’être à L.A tant pour des raisons pures de business mais également pour la cadre de vie que la ville peut offrir.
Finalement, ce qui est intéressant à L.A., c’est cette rencontre entre la technologie, la créativité, ses capacité de story telling mais également la qualité de vie et la capacité de diffusion de l’information ancienne et moderne via les influenceurs.
Les dirigeants européens font encore beaucoup de visites de S.F. et N.Y.C. sans nécessairement savoir que la ville dans laquelle ils méritent de passer du temps aux U.S. est désormais plutôt Los Angeles.

 

Los Angeles: une ville où il fait bon vivre

 

Evidemment, Los Angeles est parfaitement située quand il s’agit d’avoir une qualité de vie idéale.
D’abord, vous êtes au bord de la mer mais vous êtes également très proche de la nature, il y fait beau toute l’année.
Mais comme si cela ne suffisait pas, c’est une ville très dense mais espacée ce qui implique que les logements sont beaucoup moins chers qu’à NYC ou SF. Fini la vie dans une boite à chaussures.
Par ailleurs, comme les gens vivent de manière plutôt dévêtues, ils font également attention à leur physique et leur santé et c’est donc, à l’échelle des U.S., une ville dans laquelle beaucoup de tendances autour d’une vie plus saine et équilibrée démarrent.
Cela est donc très pertinent pour les start-ups qui ont compris (et aux U.S. cela a beaucoup d’importance) que la qualité de vie des employés est très liées avec l’attractivité de l’entreprise mais aussi avec la productivité in fine.
En France, nous sommes plus suspicieux (à tort) et donc nous pourrions avoir tendance à penser qu’en mettant ses salariés au bord de la plage, ils feraient plutôt bronzette/pétanque qu’autre chose.
Comme le souligne Fabrice, L.A. permet de se déconnecter complètement et en 30 minutes d’être en RDV avec le directeur de Netflix.
Ce qui en fait nécessairement une ville très particulière.

L.A. transforme également le rapport à soi et le rapport aux autres.
A NYC, il est très difficile de passer plus de 30 minutes avec quelqu’un quand il ne vous pose pas un lapin parce qu’entre les 5 soirées qu’il/elle a prévu vous ne rentrez plus dans son agenda.
A L.A à l’inverse, quand vous vous décidez à vous déplacer pour voir quelqu’un, il est entendu que vous avez fait de la route pour ce faire et par conséquent, vous passez du temps avec la personne.
Les cotés négatifs sont évidemment que des personnes puissent décider de ne pas venir vous voir car vous êtes trop loin mais également que malgré les prises de position fortes et une conscience écologique élevée, la ville reste très polluée en raison de la circulation automobile particulièrement dense.

 

Attention toutefois, tout n’y est pas rose, d’abord il y existe une concentration très forte de sans abris, ainsi, il existe une ville dans la ville avec plus de 30 000 sans abris vivant au même endroit.
Et puis évidemment, cette faille qui met en danger la ville et toute la Californie en permanence. Difficile d’ignorer qu’elle peut bouger fortement dans les prochaines décennies voire années.
Alors évidemment, cela donne une coloration très particulière à la vie sur place puisque l’on y vit avec ce risque et donc au jour le jour plus que n’importe où mais néanmoins au niveau individuel, c’est un risque à ne pas ignorer.

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Vlan #43 Santé, alimentaire et lobbying de l’industrie

mardi 1 mai 2018 à 09:48

Bien manger aujourd’hui, c’est devenu un combat, nous voulons tous prendre soin de notre santé par l’alimentaire.
Isabelle Saporta est une journaliste mais aussi une auteure spécialisée sur l’industrie agro-alimentaire et sur le bien manger donc.
Elle a écrit le livre noir de l’agriculture, vino business ou encore «du courage » et a été à l’école de Jean Pierre Coffe qui l’a  mis sous son aile très tôt.
Le moins que l’on puisse dire est qu’Isabelle n’a pas sa langue dans sa poche et c’est tant mieux car le sujet de la nourriture nous préoccupe tous.
D’ailleurs, c’est pour cela que j’ai voulu la recevoir.
Il y a une tendance très forte autour du bien manger. On se pose beaucoup de questions sur ce qu’il y a de mieux pour notre santé sans trop savoir à quel saint se vouer.

 

L’agro-alimentaire: la 1ère industrie de France

« Un esprit sain dans un corps sain », nous avons tous cette phrase en tête évidemment même si nous l’avions perdu de vu ces dernières décennies.
Le moins que l’on puisse dire c’est que depuis quelques années, on s’y intéresse de plus près.
Ainsi, on voit fleurir un peu partout des restaurants Vegan, la tendance Bio s’est durablement installée, l’intolérance au Gluten semble avoir touché une partie importante de la société etc….
De fait, comme le rappelle Isabelle, la nourriture est une question de plus en plus prégnante dans notre société.
Les gens veulent bien manger mais ils ne savent plus comment faire. Les normes arrivent dans tous les sens, accompagnées de leurs amis les labels mais aussi des concepts marketing pour finalement arriver à se poser des questions telles que « extracteurs de fruits » ou « blender »… pour finalement y passer 3h sur des forums et autres sites spécialisés (oui c’est du vécu).
Il est donc intéressant de se replonger dans cette tendance en particulier en France, pays de « la bouffe » s’il en est.
Pour Isabelle, il y a eu une déconnexion évidente entre les consommateurs et leurs assiettes, les courses sont devenues une corvée, manger parfois une simple nécessité, on en arrive même à des enfants plus vraiment capables de discerner un légume d’un autre.
Il faut donc que tout le monde (hommes et femmes) retournent aux fourneaux avec plaisir mais aussi peut être mieux éduquer nos enfants à l’école ou au sein même du foyer en allant faire le marché.
Evidemment c’est une industrie importante et par conséquent, les lobbys y sont particulièrement actifs. La FNSEA est en première ligne.
Pour elle, il faut revenir au bon sens paysan, ne pas aller vers de l’industrialisation intensive mais bien s’assurer de faire bien vivre des paysans qui produisent en local de l’alimentation de qualité.
Car cela créé de l’emploi non délocalisable et pérenne, des gens plus heureux, des terres plus saines et surtout des coûts inférieurs si on s’intéresse à l’intégralité de de la chaîne (dépollution de l’eau mais aussi maladies liées à la malbouffe).

 

Les normes sanitaires manquent de logique

Evidemment ces normes sont essentielles car elles permettent de manger des aliments sains et doivent nous protéger.
Néanmoins, l’industrie agroalimentaire et la politique avec elle ont décidé que la seule solution pour nourrir à bas prix tout le monde devait nécessairement passer par une agriculture intensive et productiviste.
Par conséquent, plutôt que de reprendre du bon sens paysan, on ajoute des rustines sur des solutions déjà pas idéales.
Par exemple, quand on se rend compte que les porcs sont malheureux dans les fermes intensives, plutôt que de trouver une solution alternative (qui consisterait à les laisser un peu plus en liberté et surtout pas seuls puisque ce sont des animaux sociaux), on leur donne des anti dépresseurs.
Idem pour les hommes et les femmes qui travaillent dans ces fermes, tout le monde ou presque est donc sous anti dépresseurs.
Et ainsi de suite, par exemple avec les poux sur les poules des fermes intensives…
Isabelle critiquent énormément ces normes qui sont souvent érigées par l’industrie agro-alimentaire pour protéger cette même agriculture intensive.

 

La porte de sortie: éveiller les conscience pour mieux s’alimenter

La solution pour bien s’alimenter reste simple: être au plus proche (circuit court ou amap) et manger un produit (bio de préférence) le moins transformé possible.
La question par contre est de savoir comment organiser cela de manière plus systématique.
Evidemment, selon Isabelle, il faudrait repenser la manière dont sont utilisés les 10 milliards d’Euros versés par la PAC.
Pour le moment, cet argent favorise l’agriculture intensive mais si les consommateurs s’en détournent, alors naturellement cet argent sera de plus en plus alloué à de l’agriculture raisonnée.
De la même manière, il faut pouvoir réfléchir à permettre à tous les français de bien manger et pas seulement ceux dont le pouvoir d’achat permet d’accéder à des produits biologiques.
Ainsi, une TVA différenciée pourrait faire la différence par exemple.
En tous cas, il est évident, que c’est finalement l’action de chacun qui permettra de changer la manière dont on fait de l’agriculture en France.

Finalement, c’est un vrai combat politique que l’on a dans son assiette 3 fois par jour.

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Vlan 43 – Comprendre la tendance des podcasts

mardi 24 avril 2018 à 08:00

Matthieu Stefani est un entrepreneur, il est aussi le fondateur du podcast Generation do it yourself à travers lequel il interview des personnes qui se sont lancées afin de pouvoir comprendre les secrets de leur réussite.
Matthieu est l’une des personnes qui m’a donner envie de créer mon propre podcast, il est donc naturel de le recevoir sur Vlan pour en discuter avec lui.
J’avais d’ailleurs moi même été invité sur son podcast il y a plusieurs mois.

Même si le podcast a 10 ans, il se découvre une nouvelle jeunesse et explose un peu partout dans le monde.

Les podcasts: le dernier espace pour libérer le ton

Comme le souligne Matthieu, les podcasts ont pendant longtemps été considérés uniquement comme une manière de rejouer des émissions radio dont on avait pu manquer le direct.
Seul Arte a créé un programme indépendant pour les podcasts avec des créations vraiment réussies.
A l’instar des radios libres dans les années 80, les podcasts fleurissent dans l’hexagone et permettent une nouvelle liberté et fraicheur de ton.
Studio 404 a été l’un des précurseurs et d’autres sociétés de production comme Binge ou Nouvelles Ecoutes avec le fameux La Poudre de la talentueuse Lauren Bastide mènent le pas.
D’ailleurs, avec Génération XX, Chiffons ou encore Change ma vie, les femmes ont vraiment pris le devant de la scène du podcast en France avec des contenus très pertinents chacun dans leurs domaines.

Comprendre le succès des podcasts

Quand on demande à Matthieu la raison du succès des podcasts, il avance plusieurs hypothèses.
D’abord évidemment l’attention partagée disponible.
Dans un monde où l’attention est en constante stimulation, il devient de plus en plus dur de se frayer un chemin en tant qu’éditeur de contenus mais aussi, en tant que consommateur de se faire une curation efficace.
Nous en sommes rendus à ne plus consommer de contenus longs en raison d’un zapping qui devient conpulsif.
Zapping qui s’explique également par la transformation des news qui ne sont devenues que des copiers coller de ce que produisent les agences de presse.
Pour Matthieu dont je rejoins l’analyse, les podcasts s’inscrivent dans le temps long, un temps d’analyse, d’intelligence et de savoir.
Il est d’ailleurs intéressant de noter que les auditeurs de podcasts dans leur très grande majorité consomment l’intégralité du podcast qu’ils écoutent que ce dernier dure 10 minutes ou 2h30.
Les différentes applications permettent l’écoute en plusieurs fois sans avoir besoin d’être connecté à internet (métro, avion…).

Aussi, l’audio est un média très intime comme le souligne Matthieu, cela permet vraiment d’aller plus loin dans la manière d’envisager le contenu.
D’ailleurs, les médias et les marques ne s’y trompent pas. Les Echos ont ainsi lancé leur podcast, Canal Plus vient de lancer une série audio et des marques s’intéressent de plus en plus à ce phénomène évidemment, d’ou le lancement de Plink.

Des conseils pour se lancer

Par de là tous les conseils opérationnels, Matthieu reste convaincu que le conseil le plus important est de se lancer d’une manière ou d’une autre.
Selon lui, il faut essayer quitte à être à coté et améliorer sur le chemin bien entendu.
Toutefois, il y a quelques éléments indispensables comme de se trouver un thème.
Dans ce cadre, il est important de savoir que les podcasts peuvent être très spécifiques. Par exemple, aux U.S. il y a plusieurs podcasts ayant pour unique sujet une série télévisé comme Walking deads.
Une fois ce thème défini, il faut essayer de trouver des sujets et voir si c’est possible de tenir sur la durée car à l’instar d’un blog, l’audience d’un podcast se construit sur un temps long.

Ensuite, il faut comprendre que la qualité sonore est évidemment essentielle mais qu’à l’inverse de ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas les micros qui sont les plus importants.
En effet, la salle dans laquelle on enregistre est le principal élément de la qualité du son. A défaut d’un studio d’enregistrement, il faut donc privilégier les espaces calfeutrés avec des tapis, des livres ou autre.
A noter d’ailleurs que plus le micro sera cher et donc sensible, plus l’effet de la salle se fera sentir.
Matthieu avait eu l’occasion de faire un article sur le matériel et les logiciels qu’ils recommandent.
Je pense d’ailleurs que nous verrons beaucoup de podcasts naître dans les mois à venir. Comme le souligne Matthieu nous sommes au début d’une aventure passionnante.

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Vlan #42 Les algorithmes au coeur de l’économie de l’attention

mardi 17 avril 2018 à 08:17

Stéphan Eloise Gras est docteur en philosophie et en sciences de l’information et fait une thèse sur l’économie de l’attention en particulier sur la musique et les sons.
En l’écoutant, on se rend compte que la musique mais plus largement le son sont au coeur de l’économie de l’attention et que surtout, en qualité de média divertissant par excellence, c’est aussi la première industrie à avoir été totalement disruptée par le digital.

Dès lors, il est évident qu’il existe des enseignements forts pour les autres médias ou typologie de contenus.

Stéphan Eloise en travaillant plus spécifiquement le sujet a eu 2 interrogations majeures:
D’abord de comprendre pourquoi on parle mal de la musique en le réduisant à un simple divertissement quand il y a un vrai business derrière mais aussi de mieux définir sa dimension esthétique ainsi que l’émotion qu’elle transmet.

 

Des algorithmes pour vous proposer précisément ce dont vous avez envie

Afin de capter l’attention, les industries ont besoin d’avoir un maximum de données sur les individus (like, commentaires, écoutes, consommation de manière générale) afin de générer des profils de goûts.
Il est intéressant de noter que comme pour tous les sens, le son n’échappe pas à une analyse profonde de ces derniers.
Les neurosciences peuvent véritablement définir ce qui nous fait réagir de manière profonde par exemple de comprendre comment la musique nous affecte.
L’algorithme Echo Nest, acheté par Spotify est ainsi capable de croiser des données d’origines acoustiques avec des données d’usage.
Cela a d’ailleurs permis le développement d’algorithme permettant d’analyser l’émotion, par exemple dans la voix pour déterminer ce que vous ressentez au moment ou vous parlez.
Cela permet d’ailleurs d’avoir des propositions de contenus (musicaux ou autres) en fonction de votre humeur du moment.
Au final, comme Stephan Eloise le souligne parfaitement bien, le paradoxe intéressant sur lequel s’appuie les plateformes de streaming est de proposer une expérience unique mais finalement très standardisée.
On ne découvre plus rien, on ne retient plus nécessairement le nom des artistes qui passent dans nos playlists, on consomme la musique.

Au final, Stéphan Eloise envisage plusieurs éléments essentiels:

1. La musique a vraiment une antériorité sur toutes les autres industries culturelles et on voit venir la fin d’un monde occulo-centré. Avec une analyse plus fine de l’humain, on a vraiment réussi à disséquer ses capacités à regarder,  gouter, sentir ou entendre évidemment.
En étant la première industrie à être totalement révolutionnée, il est logique que désormais nous revenions à ce média central dans notre attention mais aussi dans nos usages. La voix revient au centre.

2. Il est évident que le web a rendu totalement caduque la quasi intégralité des logiques autour des droits d’auteur et de propriété intellectuelle des contenus en particulier par le développement de l’UGC mais aussi et simplement la reprise et/ou la transformation d’éléments existants. La aussi la musique montre la voie bien entendu.

3. Il existe une force fictionnelle très forte dans le son qui vient d’un certain rapport au corps.
Finalement les technologies nous oblige à repenser notre rapport au corps et aux émotions

 

Le son va revenir au centre de l’attention

Parce qu’on est de plus en plus dans le marketing expérientiel, nos sens vont être de plus en plus sollicités.
Dans cette quête, il est prouvé dans l’histoire des neurosciences que le son et la musique en particulier ont une place centrale pour déclencher de l’émotion et pour parler directement au coeur.
Il est donc logique que le son revienne au centre.
Toutefois, il ne faut pas associer qualité et expérience selon Stephan Eloise car la manière de définir la qualité peut beaucoup évoluer. La question est de savoir ce que l’on est prêt à accepter et de définir ce qui fait du bien ou ce qui n’en fait plus.

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