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Vlan 43 – Comprendre la tendance des podcasts

mardi 24 avril 2018 à 08:00

Matthieu Stefani est un entrepreneur, il est aussi le fondateur du podcast Generation do it yourself à travers lequel il interview des personnes qui se sont lancées afin de pouvoir comprendre les secrets de leur réussite.
Matthieu est l’une des personnes qui m’a donner envie de créer mon propre podcast, il est donc naturel de le recevoir sur Vlan pour en discuter avec lui.
J’avais d’ailleurs moi même été invité sur son podcast il y a plusieurs mois.

Même si le podcast a 10 ans, il se découvre une nouvelle jeunesse et explose un peu partout dans le monde.

Les podcasts: le dernier espace pour libérer le ton

Comme le souligne Matthieu, les podcasts ont pendant longtemps été considérés uniquement comme une manière de rejouer des émissions radio dont on avait pu manquer le direct.
Seul Arte a créé un programme indépendant pour les podcasts avec des créations vraiment réussies.
A l’instar des radios libres dans les années 80, les podcasts fleurissent dans l’hexagone et permettent une nouvelle liberté et fraicheur de ton.
Studio 404 a été l’un des précurseurs et d’autres sociétés de production comme Binge ou Nouvelles Ecoutes avec le fameux La Poudre de la talentueuse Lauren Bastide mènent le pas.
D’ailleurs, avec Génération XX, Chiffons ou encore Change ma vie, les femmes ont vraiment pris le devant de la scène du podcast en France avec des contenus très pertinents chacun dans leurs domaines.

Comprendre le succès des podcasts

Quand on demande à Matthieu la raison du succès des podcasts, il avance plusieurs hypothèses.
D’abord évidemment l’attention partagée disponible.
Dans un monde où l’attention est en constante stimulation, il devient de plus en plus dur de se frayer un chemin en tant qu’éditeur de contenus mais aussi, en tant que consommateur de se faire une curation efficace.
Nous en sommes rendus à ne plus consommer de contenus longs en raison d’un zapping qui devient conpulsif.
Zapping qui s’explique également par la transformation des news qui ne sont devenues que des copiers coller de ce que produisent les agences de presse.
Pour Matthieu dont je rejoins l’analyse, les podcasts s’inscrivent dans le temps long, un temps d’analyse, d’intelligence et de savoir.
Il est d’ailleurs intéressant de noter que les auditeurs de podcasts dans leur très grande majorité consomment l’intégralité du podcast qu’ils écoutent que ce dernier dure 10 minutes ou 2h30.
Les différentes applications permettent l’écoute en plusieurs fois sans avoir besoin d’être connecté à internet (métro, avion…).

Aussi, l’audio est un média très intime comme le souligne Matthieu, cela permet vraiment d’aller plus loin dans la manière d’envisager le contenu.
D’ailleurs, les médias et les marques ne s’y trompent pas. Les Echos ont ainsi lancé leur podcast, Canal Plus vient de lancer une série audio et des marques s’intéressent de plus en plus à ce phénomène évidemment, d’ou le lancement de Plink.

Des conseils pour se lancer

Par de là tous les conseils opérationnels, Matthieu reste convaincu que le conseil le plus important est de se lancer d’une manière ou d’une autre.
Selon lui, il faut essayer quitte à être à coté et améliorer sur le chemin bien entendu.
Toutefois, il y a quelques éléments indispensables comme de se trouver un thème.
Dans ce cadre, il est important de savoir que les podcasts peuvent être très spécifiques. Par exemple, aux U.S. il y a plusieurs podcasts ayant pour unique sujet une série télévisé comme Walking deads.
Une fois ce thème défini, il faut essayer de trouver des sujets et voir si c’est possible de tenir sur la durée car à l’instar d’un blog, l’audience d’un podcast se construit sur un temps long.

Ensuite, il faut comprendre que la qualité sonore est évidemment essentielle mais qu’à l’inverse de ce que l’on pourrait penser, ce ne sont pas les micros qui sont les plus importants.
En effet, la salle dans laquelle on enregistre est le principal élément de la qualité du son. A défaut d’un studio d’enregistrement, il faut donc privilégier les espaces calfeutrés avec des tapis, des livres ou autre.
A noter d’ailleurs que plus le micro sera cher et donc sensible, plus l’effet de la salle se fera sentir.
Matthieu avait eu l’occasion de faire un article sur le matériel et les logiciels qu’ils recommandent.
Je pense d’ailleurs que nous verrons beaucoup de podcasts naître dans les mois à venir. Comme le souligne Matthieu nous sommes au début d’une aventure passionnante.

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Vlan #42 Les algorithmes au coeur de l’économie de l’attention

mardi 17 avril 2018 à 08:17

Stéphan Eloise Gras est docteur en philosophie et en sciences de l’information et fait une thèse sur l’économie de l’attention en particulier sur la musique et les sons.
En l’écoutant, on se rend compte que la musique mais plus largement le son sont au coeur de l’économie de l’attention et que surtout, en qualité de média divertissant par excellence, c’est aussi la première industrie à avoir été totalement disruptée par le digital.

Dès lors, il est évident qu’il existe des enseignements forts pour les autres médias ou typologie de contenus.

Stéphan Eloise en travaillant plus spécifiquement le sujet a eu 2 interrogations majeures:
D’abord de comprendre pourquoi on parle mal de la musique en le réduisant à un simple divertissement quand il y a un vrai business derrière mais aussi de mieux définir sa dimension esthétique ainsi que l’émotion qu’elle transmet.

 

Des algorithmes pour vous proposer précisément ce dont vous avez envie

Afin de capter l’attention, les industries ont besoin d’avoir un maximum de données sur les individus (like, commentaires, écoutes, consommation de manière générale) afin de générer des profils de goûts.
Il est intéressant de noter que comme pour tous les sens, le son n’échappe pas à une analyse profonde de ces derniers.
Les neurosciences peuvent véritablement définir ce qui nous fait réagir de manière profonde par exemple de comprendre comment la musique nous affecte.
L’algorithme Echo Nest, acheté par Spotify est ainsi capable de croiser des données d’origines acoustiques avec des données d’usage.
Cela a d’ailleurs permis le développement d’algorithme permettant d’analyser l’émotion, par exemple dans la voix pour déterminer ce que vous ressentez au moment ou vous parlez.
Cela permet d’ailleurs d’avoir des propositions de contenus (musicaux ou autres) en fonction de votre humeur du moment.
Au final, comme Stephan Eloise le souligne parfaitement bien, le paradoxe intéressant sur lequel s’appuie les plateformes de streaming est de proposer une expérience unique mais finalement très standardisée.
On ne découvre plus rien, on ne retient plus nécessairement le nom des artistes qui passent dans nos playlists, on consomme la musique.

Au final, Stéphan Eloise envisage plusieurs éléments essentiels:

1. La musique a vraiment une antériorité sur toutes les autres industries culturelles et on voit venir la fin d’un monde occulo-centré. Avec une analyse plus fine de l’humain, on a vraiment réussi à disséquer ses capacités à regarder,  gouter, sentir ou entendre évidemment.
En étant la première industrie à être totalement révolutionnée, il est logique que désormais nous revenions à ce média central dans notre attention mais aussi dans nos usages. La voix revient au centre.

2. Il est évident que le web a rendu totalement caduque la quasi intégralité des logiques autour des droits d’auteur et de propriété intellectuelle des contenus en particulier par le développement de l’UGC mais aussi et simplement la reprise et/ou la transformation d’éléments existants. La aussi la musique montre la voie bien entendu.

3. Il existe une force fictionnelle très forte dans le son qui vient d’un certain rapport au corps.
Finalement les technologies nous oblige à repenser notre rapport au corps et aux émotions

 

Le son va revenir au centre de l’attention

Parce qu’on est de plus en plus dans le marketing expérientiel, nos sens vont être de plus en plus sollicités.
Dans cette quête, il est prouvé dans l’histoire des neurosciences que le son et la musique en particulier ont une place centrale pour déclencher de l’émotion et pour parler directement au coeur.
Il est donc logique que le son revienne au centre.
Toutefois, il ne faut pas associer qualité et expérience selon Stephan Eloise car la manière de définir la qualité peut beaucoup évoluer. La question est de savoir ce que l’on est prêt à accepter et de définir ce qui fait du bien ou ce qui n’en fait plus.

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Vlan #41 L’impact du smartphone sur notre génération

mardi 10 avril 2018 à 07:48

Stéphane Hugon est sociologue et est le fondateur du cabinet Eranos.
Nous envisageons ensemble un outil qui ne nous quitte jamais: notre smartphone.
Il y a eu en septembre cet article exceptionnel dans The Atlantic  sur les smartphones et j’ai voulu en repartant de cet article reprendre avec Stéphane l’impact que ces derniers pouvaient avoir en particulier dans notre culture française.

En bon marketer, je pense que le numérique nous oblige à revenir aux fondamentaux des sciences humaines pour mieux comprendre comment et pourquoi nous agissons.


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Le smartphone accentue un retour de balancier naturel

Si les smartphones sont nos contemporains depuis un peu plus de 10 ans, il est important de repartir du lien entre les personnes et l’objet technique comme élément de médiation entre elles.
Comme nous l’explique Stéphane, depuis les années 50, en occident, nous avons une quête très importante d’émancipation individuelle et d’autonomie.
Ors, dans l’imaginaire collectif, l’objet technologique nous aide à ne pas subir l’altérité mais aussi à augmenter notre pouvoir sur notre environnement social.
Dans ce même mouvement, nous avons eu d’ailleurs eu beaucoup de héros solitaires servis par l’industrie hollywoodienne.
Toutefois, selon Stéphane Hugon, nous sommes arrivés à un point de saturation au milieu des années 90 car à force de pousser cette autonomie et de ne pas vouloir subir les autres, nous avons abouti à une peur du vide et de l’ennui.
Finalement les lieux où l’on trouvait des éléments d’accomplissement de soi (la famille, le religieux, le travail, la politique et la vie publique) ont été largement chahuté dans cette quête.
La conséquence a été un retour de balancier et donc une non-volonté d’échapper à tout ce que l’on fuyait auparavant.
Selon Stéphane Hugon, c’est donc ce mouvement de balancier qui explique cette volonté presque maladive de recréer du lien social et donc de trouver sa tribu, sa sphère mais aussi de se recentrer.
Aujourd’hui pour devenir quelqu’un, il faut prouver qu’on existe dans le regard de l’autre.
D’ailleurs, Stéphane d’expliquer que le Selfie n’est pas vraiment un acte purement narcissique car il ne s’accomplit pleinement que s’il est partagé.
C’est donc bien le regard de l’autre et son jugement qui sont essentiels et qui me permettent de devenir moi même.
Il y a d’un coté une construction de soi et de l’autre un public de référence auquel on souhaite plaire.

 

 

Le smartphone est une promesse de l’autre mais….

Le smartphone est donc un outil qui permet de se connecter à l’autre avant tout mais en réalité, on le remarque, les jeunes n’ont jamais été aussi seuls.
C’est donc une relation inaccomplie car techniquement le passage à l’acte n’advient presque jamais.
Cela maintient donc l’adolescent dans une expérience qui est « en deçà de l’experience ».
Cela remet en cause des questions aussi importante que :
Qu’est-ce qu’un ami? Qu’est ce que le lien social? Qu’est ce qu’une relation?
Ces liens digitalisés amènent finalement à des relations molles selon Stéphane Hugon.
Toutefois, ce dernier affirme que cela reste une transition et reste convaincu que les technologies vont nous permettre demain de nous amener à des relations fortes et entières portées par un mouvement long d’un besoin de ré-enracinement avec notre environnement culturel, social et naturel.

Le smartphone ne peut et ne doit pas se substituer aux relations sociales

il est évidemment essentiel que les jeunes comprennent ces technologies, développent cette culture mais d’un autre coté ca ne doit pas isoler l’adolescent.
Finalement quand on est en co-presence, c’est à dire dans une même salle mais chacun sur son téléphone, il existe selon Stéphane, un relation faible entre les participants.
Il serait idiot d’interdire le smartphone mais il faut plutôt trouver des zones de porosité pour permettre aux ados d’être dans une fluidité entre la véritable relation sociale avec les humains qui l’entourent tout en se servant de son smartphone comme d’un outil de lien (pour montrer une vidéo ou une photo par exemple).
On le voit d’ailleurs sur les tables de restaurant, le téléphone n’est pas nécessairement un obstacle à la communication mais plutôt un vecteur d’une illustration, finalement la conversation se fait à 3 quelque part.

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Vlan #40 Les relations amoureuses à l’ère digitale avec Esther Perel

mardi 3 avril 2018 à 07:20

Esther Perel est thérapeute de couples, conférencières, auteur et est spécialisée dans les relations amoureuses.
Esther est une célébrité outre-atlantique avec plus de 20 millions de visionnage de ces TED, ses conférences se remplissent en quelques minutes aux 4 coins de la planète, elle a été élue meilleure conférencière à SXSW 2018 et Alors qu’elle sort son nouveau livre sur l’infidélité  « Je t’aime, je te trompe »  dans sa version française, nous revenons avec Esther sur plusieurs éléments:
Qu’est ce qui a tellement changé dans les relations aujourd’hui? Quels impacts ont les technologies sur les relations amoureuses? Comment évolue le lien homme/femme?

Une conversation passionnante avec la papesse de la relation amoureuse.

N’hésitez pas à vous abonner à ce podcast sur Apple Podcast bien sur!

 

 

Nos relations amoureuses ont été bouleversées sur ces dernières années

Dans le passé tout était très bien structurée, il y avait de nombreuses règles qu’il s’agisse de notre vie professionnelle, amoureuse, religieuse ou plus largement sociale et chacun les respectait jusqu’à leur mort.
De la même manière les rapports entre les hommes et les femmes étaient décidés à l’avance que ce soit pour définir la personne qui nourrit l’enfant, celle qui s’occupe du foyer, celle qui décide du sexe, celle qui ramène l’argent au foyer etc….
Ors, aujourd’hui on se  retrouve dans un modèle dans lequel chacun doit prendre des décisions importantes, il y a, en quelque sorte, un trop plein de liberté.
Cette liberté amène de l’embarras, de la confusion, de l’incertitude mais aussi de la solitude.
Evidemment il n’y a pas de solutions simples mais il existe des paradoxes à équilibrer.
Le 1er de ces paradoxe est de comprendre la relation entre moi et l’autre.
Est-ce que je mène mes relations en me mettant au centre ou est-ce que je mets les autres et leurs attentes au centre?
Et par conséquent, cela permet de répondre à une question plus large qui est de savoir le droit que je souhaite m’octroyer dans la poursuite de mon bonheur. Car je peux le poursuivre même s’il a des conséquences néfastes pour l’autre.
Le 2ème est que dans le couple intime, on attend d’une seule personne ce que l’on attendait avant de toute une communauté. C’est à dire que l’on souhaite que la personne nous permette de construire une famille, d’avoir un compagnon, un soutien économique mais  désormais on lui demande aussi d’être le meilleur ami, le confident, l’amant etc…au final j’attends d’une seule personne l’ancrage et la stabilité mais aussi l’aventure, la nouveauté, la surprise etc…. la fameuse  « âme soeur » qui devient la solution magique de toute la solitude existentielle que l’on peut ressentir.

La sexualité a également été bouleversée puisqu’un d’un acte reproductif à un acte récréatif.
La sexualité était  un atout économique car l’idée était évidemment de faire des enfants qui étaient alors des aides pour le foyer. Nous avons évidemment totalement changé de modèle,
Dès lors, le sexe ce n’est pas quelque chose que je fais mais quelque chose que je suis, c’est donc un élément identitaire.
En particulier, pour les femmes, le sexe était un devoir conjugal et rien de plus alors que désormais il est un désir, ce qui implique devenir maître de sa volonté.
Le sexe est même passé d’un modèle récréatif mais dans une histoire malgré tout à un modèle comodifié pour certain cas, c’est à dire qu’il est pratiqué volontairement des 2 cotés sans qu’il n’y ait d’histoire particulière autour.

 

 

Le digital dans les relations amoureuses est-il générateur de solitude

Comme le souligne Esther, cette recherche de bonheur de son vivant est un concept tout à fait nouveau.
Auparavant, la vie était miséricordieuse pour pouvoir accéder au bonheur après sa mort au paradis.
Cette notion de la poursuite du bonheur et que l’on se doit d’être heureux est assez recent.
Dès lors, la survie de la famille dépend essentiellement du bonheur du couple.
Et le digital entre à tous les niveaux évidemment.
D’abord dans la rencontre puis dans la construction du couple, dans sa vie au quotidien et enfin peut être dans les éventuelles tromperies.
Selon Esther, il y a une différence entre les personnes qui ont connu les relations amoureuses sans smartphone et puis les plus jeunes nécessairement qui n’ont pas eu cette opportunité.
Ors, de nombreuses analyses montrent que la communication textuelle (what’s app, Instagram, messenger, SMS ou autre) montre que cela génère énormément d’ambiguïtés et d’incompréhension car le ton, le regard, l’expression, les gestes n’y sont pas alors qu’ils représentent plus de la moitié de la communication.

De leur coté, les applications de rencontres ont d’abord véritablement apporté quelques chose aux relations amoureuses. Dans les premières années cela permettait de dépasser sa timidité, de montrer d’autres facettes de soi, d’écrire, d’aller en profondeur dans l’échange avant la rencontre physique mais désormais, Esther assène que les relations sur Tinder sont très pauvres et sans goût la plupart du temps.
Mais plus que cela, Esther explique qu’il y a un appauvrissement dans notre capacité de ressentir avec l’intégralité de nos sens qui est dû au digital.
D’ailleurs, le smartphone appauvrit très souvent les relations amoureuses car on peut être présent l’un à l’autre mais s’ignorer complètement, c’est une forme de « perte ambiguë » selon Esther.
Mais ce phénomène n’est pas nouveau puisqu’avant le smartphone il y avait la TV qui pouvait également faire rempart à la conversation.
Toutefois, comme elle le rappelle, les smartphones mais surtout les applications sociales sont construites en se basant sur les neurosciences pour happer notre attention au maximum et dès lors, on peut se retrouver dans des situations de solitude à 2.
Selon Esther, c’est le manque de rituel (chute du religieux) qui a permis à de nouveaux rituels (regarder son téléphone à son réveil par exemple) de se developper.

 

 

Le féminisme n’est pas qu’un combat, ça doit être une conversation

D’abord, il faut comprendre la différence entre le féminisme américain et français.
En France, dans les années 70 on défendait la différence mais une volonté d’avoir les même opportunités tandis qu’aux Etats-Unis le combat était plutôt de dire qu’il ne devait pas y avoir de différence.
Dès lors, en France on a mis un ensemble de mesure en place comme le congé maternité, les crèches ou autre pour permettre aux femmes d’avoir une vie active en prenant en considération leur différence, c’est à dire, à minima, leur capacité à donner vie.
Par conséquent, pas de congé maternité aux U.S., on parle d’un congé maladie plus ou moins comme un autre.
De la même manière rien n’est organisé pour que la femme ou le couple puisse gérer l’arrivée de cette naissance, pas de crèche ou autre.
Mais « Me too » est une opportunité de rediscuter ce rapport d’échange de pouvoir entre hommes et femmes.
Historiquement les hommes ont toujours usés de leur pouvoir social pour accéder à la sexualité.
Tandis que les femmes ont historiquement toujours utilisé de leur jeunesse, de leur séduction pour accéder au pouvoir social et public qui leur était refusé et nié.
Aujourd’hui cet échange est en train d’être corrigé.
Depuis 50 ans, les femmes ne sont pas seulement dans un combat, elles sont surtout dans une conversation afin de redéfinir la place de la femme, son identité, son pouvoir , son désir…
Elle doivent définir comment elle trouve leur voie et leur pouvoir mais les hommes devraient avoir une conversation autour de la vulnérabilité et ne pas tomber dans la programmation masculine du mythe de la virilité.
Ce mythe est extrêmement puissant, comme le rappelait Elisabeth Badinter, on ne nait pas homme, on le devient.
De tout temps, il y a eu des rites de passage pour les hommes et ainsi pour passer son nom, il fallait le mériter.

 

Une conversation passionnante qui mériterait sans doute plusieurs heures d’échange mais je vous invite à lire les livres d’Esther et regarder ses vidéos si ce n’est pas déjà fait ou bien d’écouter son podcast bien entendu.

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Vlan #39 La transformation du business model à l’ère digitale

lundi 26 mars 2018 à 09:48

Eric Ducournau est le PDG du groupe Pierre Fabre Dermo-Cosmétiques et par conséquent, sa vision de la transformation du business model à l’ère digitale est nécessairement intéressante.
Cette partie du groupe Pierre Fabre représente 1,4 milliards d’Euros de Chiffre d’Affaires (dont 70% à l’international)  avec des marques comme Avène, Klorane, Galénic, Ducray ou encore René Furturer par exemple.

Ce que j’ai toujours apprécié chez Eric Ducournau, c’est sa proximité, sa compréhension des challenges sans « digital washing » mais aussi son suivi très opérationnel mais je vous laisse en juger bien sur.

Comme d’habitude, retrouvez Vlan aussi sur iTunes si vous avez un iPhone.

 

La transformation digitale est d’abord culturelle

A l’heure ou L’Oréal annonce une acquisition majeure (Modiface) autour de la réalité augmentée et de l’intelligence artificielle, Eric Ducournau du groupe Pierre Fabre mise surtout sur l’humain, les racines de l’entreprise et l’innovation pour le service au clients.
Les 2 groupes étant difficilement comparables néanmoins que ce soit par la taille ou par la philosophie.
Comme le rappelle Eric Ducournau, au sein du groupe Pierre Fabre, on écoute beaucoup les  8 000 collaborateurs, d’autant plus que chaque marché est très différent l’un de l’autre.
On y reçoit également beaucoup les partenaires (pharmaciens, médecins…) qu’ils écoutent également avec attention afin de mieux comprendre les besoins du terrain.
La revendication du groupe est d’être beaucoup plus terrien, c’est sans doute pour cela que la marque possède son siège en province car cela donne une culture particulière au groupe.
Finalement, dans ce monde hyper communicant, la différence de Pierre Fabre se veut d’être plus authentique.

Afin de décloisonner, fluidifier les échanges et de générer plus de collaboration, ils ont également modifié l’espace de travail en s’inspirant largement des espace de « co-working ». Ainsi les collaborateurs peuvent accéder au wifi à l’extérieur mais aussi sur des espaces collaboratifs afin de permettre aux collaborateur de ne pas rester derrière leur bureau toute la journée.
Selon Eric Ducournau, cela peut vraiment créer de la valeur ajoutée pour le groupe.
Ils ont également décloisonner entre les pays pour s’assurer que les pays puissent apprendre les uns des autres et en particulier de ceux qui sont en avance dans leur digitalisation.

 

Des partenariats avec des start-ups plutôt que des rachats

 

Eric Ducournau prend l’exemple de Même, des produits cosmétiques pour les cancéreux.
Un positionnement très vertical pour cette marque créée par 2 jeunes femmes et que le groupe a décidé d’aider à se développer en prenant une part minoritaire.
Toutefois, ils portent une attention toute particulière à ne pas écraser cette petite marque par des process trop lourds mais en les aidant néanmoins dans leur industrialisation, l’accélération commerciale ou encore les visites médicales.
Dans le même temps, il est intéressant de noter comment ils apprennent de cette petite marque en particulier sur l’état d’esprit et sur la communication émotionnelle qu’ils se permettent d’avoir auprès de leurs clients.
La rentabilité des grands groupes ne peut pas fonctionner pour des marques qui viennent de naître.
Selon Eric Ducournau, il n’est pas stratégique de demander à ces dernières d’accéder à des niveaux de rentabilité comparables.
Pour lui, il faut accepter de perdre de l’argent pendant une période plus ou moins longue afin de tirer les fruits de l’investissement plus tard.
Cette notion de rentabilité et la pression des actionnaires rend ce travail de plus en plus compliqué lors d’acquisition de petites marques par des grands groupes.

 

 

Le business model à l’ère digitale

 

Pierre Fabre est avant tout un industriel mais ce qui change fondamentalement aujourd’hui, c’est le fait de s’intéresser de manière beaucoup plus précise au consommateur. Finalement les groupes industriels sont passés d’un modèle B2B2C à  B2C sans vraiment l’avoir cherché.
La question essentielle pour Eric Ducournau est donc bien d’intégrer les retours des consommateurs dans la création de valeur de chacune des marques.

Selon Eric Ducounau, il faut remettre en cause la hiérarchie de la création de valeurs et remettre tout le monde en capacité de créer de la valeur.
Il ne s’agit pas seulement de modifier le mode de fonctionnement mais de lâcher prise sur nos habitudes anciennes qui ne fonctionnent plus aujourd’hui.
Les marques doivent se mettre en position de risque pour gagner le challenge de la révolution liée à la transformation digitale.
D’ailleurs, pour lui, il faut nécessairement décentraliser pour réussir à relever ce challenge.
Après une période de mondialisation et de concentration des pouvoirs au siège, les marchés doivent reprendre du pouvoir pour être plus proche des consommateurs.
L’essentiel n’est plus vraiment la distribution mais plutôt d’être très en relation avec les attentes des consommateurs.

 

C’est toujours passionnant de parler de business model et de la vision de l’intégration du digital dans un groupe établi depuis des décénies.
Eric Ducournau nous prouve qu’on peut être établi et garder sa vélocité, que remettre en question l’ordre établi est évidemment essentiel pour réussir.

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