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Vlan #50 Un autre regard sur la sexualité et le plaisir féminin

lundi 11 juin 2018 à 17:37

Olympe de G! Derrière ce pseudo se trouve est une femme mutlifacette, entre autre réalisatrice et  actrice de films X alternatifs (ou féministes si vous préférez).
Ceci est l’épisode 50 de Vlan et je voulais marquer le coup avec un sujet qui me tient à coeur même s’il peut sembler sensible pour un homme de l’aborder.

Ce thème est sujet sociétal important  car comprendre l’évolution de la relation de la femme à sa sexualité doit parler à un peu tout le monde.
Nous en discutons avec sérieux mais sans intellectualiser et nous abordons le plaisir féminin, la sexualité mais aussi les films X. Ces derniers sont une part essentielle du « combat » d’Olympe de G que ce soit dans la manière de les produire mais aussi  pour leurs impacts sur l’éducation sexuelle.

 

Le plaisir féminin: entre culpabilisation, incompréhensions et mythes

Olympe de G s’est rendue compte très tôt et à ses dépends que dire son désir en tant que femme était très mal accepté en France voire pouvait prêter à raillerie.
Pourtant, elle a toujours considéré, a raison, qu’il ne devait y avoir aucune honte à cela.
Elle a une sexualité active et considère cela sain, beau et n’a pas nécessairement envie de le cacher comme la société l’ordonne – particulièrement aux femmes.
Une femme qui exprime son enthousiasme pour le sexe ne devrait pas être considérée comme une femme de petite vertu ou alors pas plus qu’un homme.
Il y a une telle inégalité sur le sujet entre hommes et femmes….
Elle qui vient de l’univers de la publicité et des clips vidéos s’est découvert une créativité forte quant il s’agissait de mettre en scène sa propre sexualité.
C’est donc avec plaisir qu’elle a décidé d’explorer l’univers du X avec son regard de femme.
Elle n’a évidemment pas la prétention de pouvoir modifier la perception de la sexualité féminine à elle toute seule mais elle pose sa pierre à l’édifice en proposant une offre différente.
Nous avons beaucoup parlé avec le mouvement #metoo du consentement et c’est évidemment un épisode très important dans la relation hommes-femmes dans notre société.
Mais comme le rappelle Olympe de G, le consentement doit pouvoir se faire dans les 2 sens et les femmes doivent pouvoir exprimer leur « oui », exprimer ce qu’elles aiment, ce qu’elles attendent à leur partenaire.
Pour ce faire, la connaissance de son corps, de son plaisir semble un passage obligatoire et la masturbation le meilleur moyen d’y arriver.
Pourtant la masturbation féminine reste encore tabou dans notre société, et ce, malgré la démocratisation et la glamourisation des jouets féminins.
Dans le même temps, il y a énormément de méconnaissance sur le sexe et le plaisir féminin.
Ainsi, il a fallu attendre 1998 pour enfin savoir à quoi ressemblait un Clitoris dans son ensemble.
Olympe de G de remarquer que cela est arrivé au même moment où on inventait le viagra pour l’homme.
Cette image 3D aura enfin permis de briser cette idée d’une jouissance vaginale supposée plus forte et plus mature.
De la même manière, combien de personnes ont lu d’articles sur le Point G, ce fameux point mystérieux censé renverser totalement les femmes.
Par conséquent, on culpabilise les femmes tant sur leur envie sexuelle que sur leur capacité à atteindre un orgasme dît vaginal.

 

 

Le plaisir féminin et le rôle des films X

En 2018, l’éducation sexuelle est encore majoritairement faite par les films X.
Comme le souligne Olympe de G, c’est triste et dommage que les enfants et les adolescents n’aient pas de véritables cours d’éducation sexuelle afin de briser les idées reçues sur le sujet.
Toutefois, les films X ont leur utilité comme par exemple de se découvrir de nouveaux fantasmes ou simplement d’aider à la masturbation.
D’ailleurs, Olympe de G de souligner une autre idée reçue selon laquelle les hommes seraient plus visuels que les femmes. Cela a été prouvé scientifiquement, les réactions pour les 2 sexes sont les mêmes devant des scènes X.
Mais dans un marché ou 90% des films sont gratuits au visionnage, les budgets sont ridicules et les conditions de tournage et de traitement des acteurs et particulièrement des actrices déplorable.
Dans ces films très majoritairement produits par des hommes les filles sont systématiquement montrée en position dominées.
On ne s’intéresse pas à leur plaisir non plus généralement.
Pourtant, dans les années 70, il s’agissait d’un vrai art cinématographique à part entière.
C’est aussi pour montrer ce qui l’excite, la manière dont elle a envie que son corps de femme soit caressé et baisé qu’elle a décidé d’apporter son regard féminin à cet art.
Mais elle est une militante d’un X éthique, c’est à dire d’un film bien produit dans le respect des acteurs/actrices et de toutes les personnes qui participent au film.
Elle souhaite également sortir des clichés racistes éculés que l’on retrouve dans ce genre cinématographique.
Il suffit de regarder les statistiques annuelles de Youporn dans lesquels on apprend par exemple que depuis de nombreuses années, le mot clef le plus recherché est « beurette ».
Olympe de G souhaite montrer des femmes en position de pouvoir parfois, des femmes qui connaissent leur corps et leur plaisir, montrer des hommes de manière érotique et ce qu’elle trouve beau et sensuel dans le corps masculin mais ausi montrer le sexe féminin de manière différente.
Il y a tant à dire et tant à faire sur le sujet de la sexualité féminine et du plaisir féminin que chaque pierre qui permet de casser les clichés éculés est la bienvenue.

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Vlan #49 Le Slow web: vers une vision plus éthique d’internet

mardi 5 juin 2018 à 07:42

Tariq Krim est un entrepreneur, fondateur de Netvibes, service au succès mondial, il est désormais engagé dans le slow web avec dissident.ai.
Je connais Tariq depuis des années et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a toujours été en avance sur son temps.
Avec Tariq, j’essaie de comprendre ce qu’est le slow web ou en tous cas à quoi pourrait ressembler un web plus éthique.


J’imagine que c’est une conversation que vous avez régulièrement dans ces diners pendant lesquels on refait le monde. Cet épisode, c’est un peu ma version de cette conversation avec un Tariq passionnant.

 

Le slow web, en quelques mots

 Quand vous entendez « Slow web » vous pensez sans doute à « déconnexion » mais ce n’est pas du tout le sujet.
Comme le rappelle Tariq, la  tendance « slow food » s’est construite en opposition au fast food mais il n’a jamais été question de manger un mauvais hamburger plus lentement.
Cette idée doit même vous faire sourire à l’instant ou vous la lisez.
Le slow food, c’est choisir des bons ingrédients bio, c’est prendre le temps de cuisiner, d’inviter des amis etc…
De la même manière pour Internet, l’idée n’est pas de ralentir l’usage d’un web « malade » mais d’envisager le web différemment.

L’oligarchie numérique des GAFA a imposé un modèle dans lequel le consommateur n’est plus du tout au centre, sinon comme un produit dont les marques consomment les données.
Par ailleurs, quelque part les réseaux sociaux ont créé une réalité sociale alternative qui pose un vrai problème de santé publique car dans un monde à la réalité déformée, votre vie à toujours l’air insuffisante.
Comme le souligne Tariq, nous sommes pressurisés en permanence car nous avons toujours l’impression de passer à coté de quelque chose.
Il ne s’y trompe pas quand il évoque l’augmentation du nombre de suicide chez les plus jeunes. Les taux n’ont jamais été aussi élevés.

Pour Tariq, il faut donc se poser la question de la possibilité d’un autre modèle.

 

Autopsie d’un malaise sociétale

La question reste de savoir si cela est nécessaire de remettre en cause le modèle…n’est-ce pas jouer le jeu du marketing de la peur que de brandir à tout va l’intelligence artificielle et les algorithmes?

Selon Tariq, c’est essentiel car nous avons perdu le contrôle de notre vie numérique.
comme il le rappelle, avant l’iPhone, nous possédions l’ensemble de nos données: nos fichiers, nos musiques, nos films et surtout nos préférences et nos relations mais avec le cloud, nous avons donné à d’autres la possibilité de gérer notre espace privé.
Aujourd’hui, nous n’avons plus vraiment la maîtrise sur la manière dont nous souhaitons interagir avec le monde.

Si auparavant, je pouvais choisir les flux d’informations que j’allais lire, aujourd’hui tout ce que l’on voit a été sélectionné par un tiers sans que je puisse m’en rendre compte et cela peut être utilisé par la publicité: montrer une histoire triste d’un(e) ami(e) pour vous vendre des vacances à travers une pub par exemple car on sait que vous y serez alors plus sensible.
Les réseaux sociaux et leurs algorithmes peuvent définir comment vous allez vous sentir car ils vous connaissent mieux que vous même.

Tariq l’affirme: un algorithme n’est jamais neutre.
Les machines ne devraient pas pouvoir contrôler nos vies, l’humain devrait rester au centre et les machines devraient être là pour nous servir.
A grande échelle cela pose d’ailleurs des problèmes politiques car aujourd’hui on est presque capable de servir un message différent pour chaque personne en fonction de ses attentes et cette personne ne sera pas en mesure de le réaliser.
D’ailleurs, à une moindre échelle, c’est déjà le cas sur Google, les résultats de recherche différent d’une personne à l’autre en fonction d’une multitude de critères. C’est la fameuse « filter bubble » décrier par Eli Pariser.
On dessine donc assez bien la limite du système
Il s’agit donc de faire un retour aux sources de ce qu’était la vision originale du web avec des communautés bienveillantes, de mettre l’humain au centre, de faire en sorte de limiter les notifications, de ne pas faire de « branding » etc…

 

Le slow web: vers quel modèle?

Selon Tariq, il y a une place à prendre entre le modèle à l’américaine ou tout est monétisé et le modèle à la chinoise dans lequel tout est contrôlé.
Il faut réinventer de nouveaux modèles et de trouver les moyens à d’autres modèles d’exister.
Se repose un certain nombre de questions par exemple: « Pourquoi vouloir à tous prix être une licorne? »
Peut être que proposer une offre à une cible plus petite mais qui a besoin du service proposé, fait plus de sens car vouloir à tout prix proposer un modèle unique du web n’est pas très sain.
Il n’existe pas de réponses simples évidemment car l’écosystème est construit de telle manière que pour exister il faut utiliser les mêmes techniques qu’on essaie de combattre.
Cela implique que pour exister il faut être largement utilisé.

Toutefois, selon Tariq, il y a au moins 3 débuts de réponse:

– Revenir à des standards ouverts voire forcer l’ouverture des plateformes.
– Créer une interopérabilité des données d’un service à l’autre (beaucoup plus que ce que le GRDP permet aujourd’hui)
– Respecter la vie privée, le cerveau de l’utilisateur

 

Un avis de votre coté?

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Vlan #48 Les meilleures stratégies de présence sur Pinterest

mardi 29 mai 2018 à 08:51

Adrien Boyer est le Directeur Général Europe du Sud pour Pinterest.
Lorsque j’ai diffusé l’épisode sur les meilleures stratégie de présence sur Instagram, plusieurs personnes m’ont spécifiquement demandé de recevoir Pinterest afin de mieux comprendre cet outil et j’ai donc contacté Adrien qui a gentiment accepté de participer.

Surtout abonnez vous sur Itunes ou autre application de podcast comme Overcast car je vais bientôt quitter SoundCloud.

A l’occasion de la création de Pinterest j’avais d’ailleurs fait une présentation pour expliquer la plateforme diffusée via Slideshare et vue aujourd’hui plus de 136 000 fois aujourd’hui.
Pinterest est une plateforme qui peut paraître un petit peu compliquée à mettre dans une case et pourtant, elle totalise plus de 200 millions d’utilisateurs actifs au global et 9 millions en France pour 2,7 millions d’épingles par jour en France.

On l’utilise plus ou moins tous car elle nous permet de nous aider dans nos désirs d’achat et on aurait tendance à la mettre dans la case des réseaux sociaux mais comme nous allons le voir ce n’est pas le cas.

 

Pinterest n’est pas un réseau social

Pinterest est toujours un peu compliqué à définir et Adrien lui le définit comme un moteur de découverte visuel et il précise qu’il existe 3 différences fondamentales avec les réseaux sociaux:

1. On n’y va pas pour se connecter avec des amis
2. Ce n’est pas une plateforme sur laquelle le contenu est généré par les utilisateurs (U.G.C)
3. On arrive sur Pinterest avec des projets d’avenir

Dans Pinterest, nous ne sommes pas dans une projection sociale par définition, c’est un outil que l’on utilise d’abord pour soi uniquement même s’il y a une dimension sociale à l’intérieur.
Il est d’ailleurs intéressant de voir les catégories les plus populaires puisque la 1ère catégorie sur Pinterest est lié à la nourriture et à la boisson et donc aux recettes dont on peut s’inspirer.
Puis la mode et la décoration, la beauté, le voyage et dans la longue traine la culture nationale comme l’art en France.
Pour faire suite à l’épisode sur le RGPD de la semaine dernière, nous abordons évidemment aussi le rapport à la donnée chez Pinterest et selon Adrien, ils ont un usage assez strict de cette dernière.
Toutefois, ils ont une base de données hyper intéressante puisqu’ils savent par définition vos réels désirs d’achat.
Ici pas de minimisation de la donnée car c’est effectivement de cette manière que le service fonctionne le mieux.
Néanmoins, même si le modèle est publicitaire, ils ne semblent pas prêts à vendre cette donnée aux marques ou en tous cas pas de cette manière.
Cela serait tellement facile de vendre par exemple aux banques les personnes qui cherchent des idées d’aménagement ou de gros oeuvre…

 

Comment les marques peuvent utiliser la plateforme

Adrien met en avant la visibilité ou l’apport de traffic.
Ce dernier est parfois remis en question par certain influenceurs avec lesquels j’ai pu discuter d’ailleurs mais d’autres marques semblent vraiment plébisciter Pinterest pour cette raison car une épingle est rarement éloignée d’un acte d’achat.

 

Adrien recommande 3 piliers de présence pour les marques:

1. La création d’un profil pour définir sa marque de manière visuelle
2. Permettre via des boutons simples sur votre propre site pour que les gens puissent épingler facilement le contenu
3. Insérer Pinterest dans sa stratégie de communication externe pour inviter les personnes à venir sur le profil de la marque

A mon sens, ce qui est encore plus cohérent, c’est surtout de s’inspirer de Pinterest pour connaître les tendances car à travers le big data de ce que les personnes épinglent, cela peut donner une bonne idée de ce vers quoi il faut aller.
Les quelques conseils d’Adrien pour bien gérer son compte Pinterest est évidemment de le mettre à jour régulièrement.
A noter qu’en utilisant intelligemment les mots clefs, il y a toute une logique de S.E.O. interne à la plateforme dont on peut tirer profit.

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Vlan #47 Vie privée, données personnelles et RGPD expliqués simplement

mardi 22 mai 2018 à 07:19

Nina Gosse est avocate au sein du cabinet De Gaulle Fleurance et associés et elle est spécialisée sur la propriété intellectuelle mais aussi les données personnelles et le RGPD.
Nous discutons donc avec elle de ce fameux RGPD (réglèment relatif a la protection de la données) ou GDPR (General Data Protection Régulation) qui sera actif cette semaine.

Comme toujours pour vous abonnez à Vlan utilisez overcast ou simplement Apple Podcast.

Ok, le sujet n’est pas hyper sexy et vous avez vu passer beaucoup d’articles sur le sujet j’imagine.
Toutefois, vos données personnelles sont un élément essentiel de la société actuelle « numérique ». Nous avons donc tenté avec Nina d’aborder le RGPD de la manière la plus « décomplexée » et la plus compréhensible possible.
Histoire de vous convaincre de l’intérêt pour vous personnellement, regardez ce qui s’est passé en Chine par exemple.
Ils ont annoncé qu’ils mettaient en place un système de notation pour distinguer qui est un bon citoyen et qui est un mauvais, tout cela basé sur vos actions du quotidien et donc vos données personnelles.
Nous ne sommes pas en Chine mais d’abord, ça sera demain la 1ère puissance mondiale donc on ne peut pas balayer l’information en se disant que c’est « juste » une dictature et parallèlement, je pense qu’il est intéressant de regarder ce qui se passe ailleurs pour se rendre compte de ce qui pourrait arriver en Europe bien sur.

Sans aller jusqu’à cet extrême, le développement de l’économie numérique, la prépondérance des algorithmes, les activités de l’Etat, les smart cities,… tout ça nous concerne ici et maintenant.

 

Le RGPD sans prise de tête

Le RGPD (pas « la RGPD comme je le dis au début du podcast d’ailleurs) est le règlement general relatif à la protection de données.
En réalité, le RGPD ne représente pas une révolution mais s’inscrit dans la continuité de la directive antérieure de 1995 et de notre loi française (la loi informatique et libertés). Ce Règlement introduit néanmoins certains changements importants, et notamment des obligations plus fortes pour les entreprises, assorties de sanctions financières beaucoup plus élevées.
Ce règlement vise à adapter le droit avec l’évolution de la société. Toutefois, beaucoup d’organisations (publiques comme privées) n’étant pas en conformité avec la loi précédente, ces dernières le vivent comme un réel big bang.
Les entreprises doivent désormais être en mesure de prouver en permanence qu’elles sont en conformité avec la réglementation.
De l’autre coté, il y a un renforcement des droits des personnes, par exemple la portabilité des données personnelles d’un service à un autre.
Par exemple, comme le souligne Nina, de passer vos préférences musicales de Spotify à un autre service.
Il y a beaucoup trop de raccourcis qui sont faits, par exemple comme l’explique Nina, le RGPD ne change rien quant au consentement qui était déjà présent. Celui-ci est juste réaffirmé afin de remédier à certaines pratiques.
C’est une responsabilisation des entreprises, plus de droits pour les individus mais aussi une obligation de se mettre en route.
Le RGPD peut être une opportunité de générer de la confiance en réalité, et être source de valeur partagée.

 

Vous n’avez rien à cacher mais….

En général quand on parle de données personnelles, la réponse que l’on reçoit est « je m’en moque, je n’ai rien à cacher ».
Comme l’explique Nina, dans une société numérisée où la data est le carburant de la nouvelle économie, un encadrement de l’utilisation des données est essentiel. C’est aussi un rouage important pour l’État, les administrations publiques, etc.
Pour les entreprises, il s’agit notamment de personnaliser les produits et les services ou encore les propositions de valeur, ce qui peut être vécu comme quelque chose de très positif et utile pour les individus.
Néanmoins, les individus ne sont aujourd’hui pas en maîtrise de la chaîne d’exploitation de leurs données et ne se rendent pas forcément compte de ce qui en est fait.
Ils se sentiront particulièrement concernés lorsque l’on touche à des sujets « sensibles » : par exemple, la santé, les relations amoureuses.
Par exemple, si vous annoncez à vos amis proches une maladie au travers d’une messagerie personnelle ou d’un email, comment réagiriez-vous si votre assurance vous téléphonait le lendemain pour vous dire qu’ils augmentent vos cotisations ?
Comment géreriez-vous le fait d’être obligé de partager votre nombre de pas quotidien avec votre assurance pour pouvoir avoir un meilleur tarif ?
Les exemples sont évidemment nombreux et d’autant plus avec les objets connectés, de l’assistant vocal jusqu’à la voiture connectée (pour mémoire Waze connaît potentiellement vos excès de vitesse).
A l’heure des smart cites (villes connectées) et de l’e-administration, un autre point majeur concerne les les données possédées par les autorités publiques, qui sont parfois mal protégées et très centralisées donc « facilement » hackable et accessibles.
Au-delà, on peut penser à des exemples extrêmes, comme la situation en Chine citée en introduction qui fait penser à l’épisode connu de Black Mirros….
Il faut donc être lucide sur l’usage pouvant être fait de ses données personnelles et, pour ceux, qui traitent ces données d’être responsables.
Sans oublier les questions liées aux algorithmes de recommandation ou encore aux services de renseignement… ce dont nous avons pu parler après l’enregistrement de ce podcast.

 

 

Se mettre en conformité: un challenge pour les petites structures

Si on pense souvent aux enjeux du RGPD pour les GAFA, le Règlement s’applique aux entreprises de toutes les tailles (avec plus ou moins de marge de manœuvre). Les GAFA sont d’ailleurs souvent ceux les plus en mesure de se mettre en conformité, tout simplement parce qu’ils en ont les moyens financiers.

C’est finalement un challenge plus important pour les influenceurs et de manière générale pour les petites structures.

Il va être nécessaire de créer de nouveaux formulaires pour les newsletters par exemple et la CNIL aide les entreprises au maximum pour faire cela avec une page dédiée qui permet de mieux comprendre ce qui doit être fait.

La CNIL est plutôt dans une approche constructive et a indiqué à plusieurs reprises que la date du 25 mai (entrée en application du RGPD) n’est pas une « date couperet » même si elle attend que tout le monde se soit mis en route et que les basiques de la réglementation antérieure soient a minima déjà respectés.

Nina insiste sur l’occasion de voir dans le RGPD non pas (que) une contrainte, mais aussi une opportunité. Cella de mieux connaître ses données, de les valoriser, d’en faire une meilleure exploitation, de susciter de la confiance, bref d’insuffler une culture de la donnée en entreprise, même si la mise en route peut s’avérer complexe et nécessiter une aide extérieure.

 

l’IA, la blockchain et la protection de la donnée

Ces « nouvelles technologies » lancent des défis vis-à-vis de la protection de la donnée bien entendu.

Exemple concret de problématique : le RGPD impose de ne traiter que les données qui sont vraiment nécessaires (principe dit de minimisation) : cela ne s’oppose-t-il pas au but même de l’intelligence artificielle et surtout du machine learning ? On sait qu’un algorithme gagne en pertinence en traitant un maximum de données y compris personnelles…

Dans le cas de la blockchain publique, le droit à l’oubli est nécessairement problématique puisque l’idée est de garder l’intégralité des données…

Nina souligne qu’il convient non pas de parler de « propriété » des données personnelles mais de « maîtrise » ou de « droit d’usage ».

Autant dire qu’il y a beaucoup de challenges à venir concernant nos données et que cette étape n’est certainement pas un point final mais plutôt la marque du début d’une réflexion sérieuse sur le sujet !

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Vlan #46 Mieux comprendre notre besoin de reconnexion à la nature

mardi 15 mai 2018 à 07:29

Stéphane Hugon est sociologue et je l’ai déjà reçu sur ce podcast pour parler de l’impact des smartphones sur nos générations.
Mais cette fois-çi, nous parlons d’une autre tendance: celle du retour à la nature.

N’hésitez pas à vous abonner à Vlan sur votre application préférée comme Apple Podcast ou autre 🙂

Si vous habitez en ville et à fortiori à Paris, vous avez sans doute remarqué que vous ressentiez un besoin de plus en plus pressent de vous reconnecter à la nature.
Que ce soit à travers la nourriture bio, des marches dans la forêt, voire un déménagement en zone rurale ou semi-urbaine, ou simplement l’arrivée de plantes et de matériaux bruts dans votre intérieur, cette tendance est partout.
Il est intéressant de voir ce mouvement de balancier assez fort ces derniers temps entre la sur-urbanisation et cet appel de la nature.

 

Un retour à la terre pour une besoin d’enracinement

Comme le souligne Stephane, nous avons d’abord eu un rapport à la terre très fort et ce que nous vivons aujourd’hui est donc un retour à la terre.
Dans notre imaginaire profond, nous avions un rapport d’égalité avec la nature mais avec la sédentarisation, l’agriculture et la création subséquente de la ville, nous avons désormais un rapport de prédation avec la nature.
Et alors que la ville était une promesse d’émancipation, de liberté et de modernité, elle génère de l’ennui car on y perd les relations primales avec la nature et la communauté.
On est, en ce moment, dans un moment particulier de notre imaginaire entre fascination d’un retour au végétal et aux éléments bruts dont on s’est peut être un peu trop éloigné avec l’accélération du modernisme des 30 glorieuses.
Le paradoxe de la ville est d’avoir séparé la nature de la culture et de fait, la ville est devenue le lieu de l’artifice.
Mais que ce soit à travers les tendances sur Instagram #urbanjungle ou dans l’architecture et le design qui mêlent matières brutes et naturelles, nous essayons de nous enraciner d’une manière ou d’une autre.
Il y a une nostalgie dans le rapport que l’on a avec les matériaux de la nature.
Selon Stéphane, nous assistons à un basculement entre la société industrielle du 20ème siècle et une nouvelle ère plus en lien avec la réalité de production.
Le modèle industriel nous a apporté beaucoup de confort mais a fragilisé le lien social entre les gens qui produisent et les gens qui consomment.
Derrière la nostalgie de la terre, il y a une manière subtile d’essayer de reconstituer des formes communautaires et artisanales, qui permettent de donner un rôle à chacun et de créer une co-dépendance.
Cela donne un esprit de groupe et de l’utilité à chacun.
D’ailleurs, il y a plusieurs décennies le mouvement luddiste voulait déjà détruire les machines car si elle produisaient plus vite, elle détruisaient le lien social.

 

La nature: une culpabilité de dévastation

En Europe, nous avons un  rapport de culpabilité vis à vis de la nature qui ne se retrouve pas nécessairement dans d’autres pays.
Ainsi, nous essayons de rétablir un rapport de l’Homme avec son environnement.
Comme l’explique Stéphane, après une tendance à la standardisation des fruits et des légumes (poids, couleurs, formes, tailles), il y a toute une tendance autour du cuisiner ensemble mais aussi dans le plaisir d’éplucher soi-même ses légumes, s’émerveiller de la couleur et du toucher des légumes sans parler de cette campagne publicitaire pour les fruits et légumes « moches ».
Le « bio » nous rappelle cette mémoire ancienne du rapport à la nature.
Toutefois, selon Stephane Hugon, le végan s’inscrit dans un paradoxe car il fait intervenir des émotions humaines (un rapport de non prédation, de sensibilité) dans le rapport à la nature qui est basé sur la « loi de la jungle ». Loin de promouvoir l’abattage en chaîne et l’industrialisation de masse de la production de viande, il remet par contre en cause les fondements du végan.
Cette tendance est un peu, comme le rappelait Isabelle Saporta, un retour de mouvement de balancier ici aussi après des années d’exploitation horrible des animaux.
On produit du politique là où il y a de l’animalité.
Comme il le rappelle, il s’agit surtout et avant tout de vouloir rétablir un équilibre harmonieux entre les Hommes et la nature.

 

Les survivalistes: l’indice d’une transformation du lien social

Avec Stéphane, nous abordons également cette tendance du survivalisme.
Si vous ne connaissez pas, il s’agit d’envisager la fin de la civilisation ou en tous cas, la fin de notre modèle de société et donc de survivre dans des conditions extrêmes sans le confort matériel classique.
Il s’agit donc d’un retour très brutal à la nature mais aussi à la force et à tout ce que l’on peut imaginer dans ce genre de situation.
Pour lui, il s’agit plus d’un rapport social, il y a ce besoin de se préparer et de se méfier mais aussi de reconstituer cet espace, un petit territoire de confiance dans lequel les relations vont être beaucoup plus fortes et beaucoup plus entières.
Le survivaliste n’est finalement qu’un indice de la transformation du lien social qui considère que le lointain devient quelque chose de suspect et néfaste et qu’il faut se rapprocher d’un localisme, c’est à dire ceux avec lesquels je vais lutter contre l’alterité.
On se méfie des autres, pour reconstituer entre nous une relation qui avait disparu.
Quand on y pense, on rejette sur l’autre, la fragilité de notre propre lien social.

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