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Van #59 Disrupter le don pour lutter contre les inégalités

mardi 25 septembre 2018 à 08:25

Alexandre Mars est un entrepreneur devenu philanthrope mais surtout essayant de disrupter le don.
En lançant Epic qu’il finance intégralement sur ses fonds propres, il assure aux donneurs que les fonds récoltés ne seront pas utilisés pour du marketing ou des cocktails.
Mais plus que cela, Epic, c’est aussi une curation des meilleures associations et donc la certitude que votre argent sera vraiment utilisé de manière efficace.
Avec Alexandre, nous abordons la problématique du don en France et dans le monde, nous envisageons les différentes manières de donner aussi, dont certaines devraient vous surprendre.

Je me pose toujours beaucoup la question dans cette évolution sociétale, comment nous allons mieux vivre ensemble après des décennies d’individualisme forcené.
Peut être que vous aussi. Allez c’est parti pour 25 minutes avec Alexandre!

 

Le don: qui, quoi et comment?

Dire que le don est essentiel implique sans doute que l’état ne reverse pas bien les impôts qui lui sont versés mais aussi que les entreprises ne payent pas suffisamment leurs impôts.
Si nous n’abordons que peu avec Alexandre la problématique politique, nous discutons par contre des choix des entreprises.
En réalité et si on y regarde bien, c’est aussi la responsabilité de chacun.
D’abord, dans la manière que l’on a de dépenser son argent mais aussi de choisir son employeur et pourquoi pas de faire pression sur lui.
Comme le souligne Alexandre, on ne peut pas en même temps critiquer les entreprises qui ne payent pas leurs impôts en France et acheter sur Amazon parce que c’est plus pratique.
Il faut avoir de la suite dans les idées et c’est la seule manière de vraiment faire bouger les choses au final.
Comme on le souligne dans ce podcast, le plus étrange c’est que les entreprises qui sont actives dans le don n’en parlent pas pour ne pas être taxée de  « social washing ».
Cela implique qu’il est plus simple de ne rien faire puisque finalement personne ne célèbre vraiment cette culture du don.
En résumé, « si je donne, personne ne le saura » mais par conséquent, « si je ne donne pas », personne ne le saura non plus.

Pendant de longues années, on a célébré les personnes qui étaient assez malines pour trouver des trous dans la raquette fiscale et ne pas payer leurs impôts ou les réduire drastiquement.
Cela est un peu à l’image de Trump qui s’est enorgueillit de ne pas avoir payé d’impôts à la hauteur de ses revenus par exemple. « J’ai été malin et ca veut dire que l’état n’a pas bien fait son travail ».
Toutefois, selon Alexandre, cette ère est révolue.
Désormais il y a une nouvelle prise de conscience générale de vouloir que les entreprises participent au bien social.
Evidemment, comme souligné plus haut, cela débute par payer ses impôts sans rechercher à les diminuer à tout prix mais cela peut aller plus loin.
Alexandre prend l’exemple de l’arrondi sur le salaire, procédé par lequel les salariés d’une entreprise peuvent décider de verser le montant après la virgule de leur salaire et que cela soit abondé par l’entreprise à la même hauteur ou plus.
Ce qui est intéressant dans ce procédé, c’est qu’il est (pour beaucoup) peu douloureux et efficace d’autant plus que les tous les salariés ont un droit de vote démocratique pour définir à quoi cet argent va être utilisé.
On peut même être créatif dans ce procédé puisque par exemple, en France, la ligue de football a décidé de verser de l’argent à Epic à chaque fois qu’un but est marqué en ligue 1 ou 2.
L’exemple aussi de Grand Corps Malade qui reverse 1% de tous ses bénéfices à Epic.

 

Les entreprises et le don

 

Comme souligné lors de notre conversation, on peut faire en sorte que les entreprises participent d’une manière ou d’une autre à une meilleure justice sociale.
Par exemple en ecommerce, on peut envisager de proposer aux consommateurs de payer à l’euro supérieur et de reverser cette somme en l’abondant, une start-up lorsqu’elle lève des fonds peut décider de reverser une partie de la revente (en cas de succès) à des dons.
Ou pourquoi pas comme Dior de créer un sac pour lequel la grande partie des bénéfices va à Epic.
Finalement ce sont chacun de ces petits efforts qui font toute la différence à la fin.
Même aux U.S. quand un patron comme celui d’Uber abuse trop de sa position dominante, on se rend compte que cela permet de laisser de la place à des entreprises plus socialement responsables comme Lyft (un autre acteur du VTC aux U.S.).
Comme l’explique Alexandre, leur levée de fonds a été facilité parce que leur culture était plus en adéquation avec les valeurs des V.C. mais aussi et surtout avec les valeurs des clients qui ont (en partie) délaissé Uber.
Il faut absolument que les consommateurs alignent leurs valeurs avec leurs choix de consommation mais aussi leur choix en terme d’emploi lorsqu’ils en ont les moyens.
Evidemment ce n’est pas possible pour tout le monde et il y a certaines habitudes qui sont difficiles à faire bouger également: arrêter d’utiliser Google, Amazon, Facebook ou Apple n’est pas la décision la plus simple car même si des alternatives existent, elles sont rarement aussi performantes.
Pour Alexandre, 85% des jeunes des grandes écoles veulent travailler dans une entreprise qui a un impact social et c’est, selon lui, de cette manière que le changement va venir.
Pour avoir les meilleurs talents, il faudra aussi avoir une posture forte d’entreprise qui ne soit pas tournée uniquement que vers les profits.

Beaucoup d’évolution à venir mais le monde change, on voit autant de belles initiaves apparaitre comme celles autour du dons, qu’un renfermement sur soi avec la montée de l’extremisme un peu partout.
Soyons positifs pour aujourd’hui et imaginons que c’est le don et l’entraide qui gagneront demain.

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Vlan #58 La gestion du stress et le futur de la médecine

mardi 18 septembre 2018 à 07:53

Lavinia Ianita est médecin généraliste  et elle a crée sa start-up, Akesio, spécialisée dans l’analyse et la résolution du stress.
Le stress, difficile de passer outre au 21ème siècle, tant on essaie tous d’optimiser et d’être occuper.
On connait tous ce sentiment qui parfois nous accapare totalement d’ailleurs…

Mais plus que la méditation, il existe aujourd’hui des méthodes pour mieux le définir biologiquement et surtout le traiter de manière personnalisée.
C’est tout l’enjeu de la start-up qu’à créé Lavinia.
Mais de manière plus générale, on va parler du futur de la médecine, d’hygiène de vie, de la position des médecins, de données des personnes, du suivi sur la durée, de médecines alternatives (très brièvement).

N’hésitez pas à vous abonner sur ce podcast via apple podcast, Spotify ou Deezer.

 

La médecine préventive et le futur de la médecine

 

Selon Lavinia le modèle de la médecine occidentale qui se concentre à soigner des maladies n’est plus tenable.
Evidemment, on aura toujours besoin de s’occuper des maladies mais désormais les individus ont besoin d’être guidés dans leur santé pour aller bien avant même de tomber malade.
Dans ce cadre, le stress occupe du place de choix au 21ème siècle.
Le stress peut générer beaucoup d’effets comme une prise ou à l’inverse une perte de poids, une perte de sommeil, une chute de cheveux voire des maladies plus graves…
Tout cela ne s’inscrit pas nécessairement dans la tableau rigide d’une maladie particulière et on les positionne du coup comme une forme de dépression.
La médecine actuelle est beaucoup trop réactive et beaucoup trop statique.
Autrement dit, il est impossible de définir la santé de quelqu’un en le voyant 10 min tous les 6 mois ou même 1h tous les ans.
La médecine de demain implique d’avoir des données en permanence des patients pour pouvoir idéalement leur demander de venir au cabinet lorsqu’un indicateur bouge de manière trop importante.
En faisant cela, le médecin pourrait mieux comprendre la biologie dans le contexte de votre vie (ce que vous mangez, ce que vous faites… et  donc permettrait de mieux comprendre l’état de santé et surtout de mieux l’optimiser).
Reste encore à savoir si les personnes sont prêtes à relever cette données et à la partager avec des médecins bien sur.
La protection de ces dernières serait alors un point extrêmement important dans lequel la blockchain pourrait sans doute aider d’ailleurs.

 

Le stress: le mal du siècle

 

Même s’il existe un stress positif qui nous donne de l’énergie, la plupart du temps, on expérimente un stress négatif qui peut aller d’un simple altercation dans le métro à une situation qui s’installe trop durablement.
Au bout d’un moment le corps n’arrive plus à faire face et laisse place à un stress chronique qui est très nocif pour notre santé.
On peut être fatigué et irritable bien sur mais aussi avoir des douleurs diverses et variées voire de l’hypertension, une libido faible ou une thyroïde affaiblie.
Tout le monde n’a pas forcément confiance que le stress peut avoir autant d’impact sur sa santé et surtout on a tendance à pousser son organisme jusqu’à ce qu’il déclare vraiment forfait.
A travers ses études, Lavinia peut aider à mieux comprendre son stress de manière scientifique et donc d’y appliquer des solutions naturelles pour le limiter voire le résorber.
Par exemple  pour une personne qui a du mal à s’endormir, on peut éventuellement se rendre compte que son taux de cortisone est trop haut  et donc recommander des plantes adaptogènes ainsi que de la phytothérapie pour le contrecarrer.De la même manière Lavinia nous explique que quand on est en burn out, faire un sport violent est bien souvent une mauvaise idée parce qu’il y aurait sans doute besoin d’une activité plus soft qui stresse moins le corps.

Les multifacteurs du stress: du transgénérationel au simple repas

 

Bien sur, il y a un lien très fort entre la nourriture et le stress puisque cela créé des inflammations dans votre corps ou parce que vous stressez votre corps avec des produits comme le café.
Cela peut également être vrai lorsque vous avez une intolérance à un ingrédient en particulier.
Mais parallèlement à cela, beaucoup d’études très sérieuses ont prouvé que le stress pouvait se transmettre de manière transgénérationelle.
Evidemment, le transgénérationnel est souvent considéré comme ésotérique par la plupart et pourtant, on peut s’apercevoir que lorsqu’une personne de votre lignée (sur 3 génération) a connu un événement particulièrement traumatisant (un viol, une famine ou autre), alors cela peut avoir des répercussions sur vous.
En même temps, ce n’est pas une fatalité et on peut agir sur ces éléments désormais.
Et comme l’explique Lavinia, on ne devrait plus parler de patient dans le futur mais plutôt d’individus car un patient est une personne déjà malade tandis que dans un concept de médecine préventive, il reste un individu.
Et bien entendu, la science derrière la médecine peut tout à fait aider au bien être des individus.

Pour aller plus loin, il faut évidemment écouter le podcast 😉

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Vlan #57 Le biomimetisme au service de l’écologie

mardi 11 septembre 2018 à 08:19

Idriss Aberkane est un chercheur, auteur très connu pour son livre « libérez le cerveau » mais aujourd’hui nous allons parler de biomimétisme et d’écologie.
Au final, les sujets se croisent évidemment car dans la pensée d’Idriss, c’est en utilisant l’intelligence de la nature (infinie par définition) que nous pourrons faire face aux challenges écologiques devant nous.
C’est d’ailleurs ce qu’il défend dans son nouvel opus « l’âge de la connaissance » qui se trouve être un « petit traité d’écologie positive ».
Même si l’inspiration par la nature n’est définitivement pas quelque chose de nouveau, le terme de « biomimétisme » est lui assez récent et il existe depuis 1995, un centre d’excellente sur le sujet en France, Senlis.
Je suis vraiment ravi de recevoir Idriss avec lequel nous avons discuté collapsologie, écologie, politique et même éducation et diplômes…

Prêt? Allez Vlan! C’est parti!

Le biomimétisme: la stratégie des petits pas

 

Le Biomimétisme est cette capacité qu’à l’Homme de s’inspirer de la nature pour innover.
On connaît tous plus ou moins l’histoire du velcro: cette personne qui marchait dans la forêt et qui se rendant compte de ces petites choses qui s’accrochaient fermement à ses chaussettes à inventé le velcro.
Toutefois, le velcro est aujourd’hui construit à base de plastique et il n’est donc pas recyclable. Ors un biomimétisme parfait suppose une intégration complète afin d’être neutre pour l’environnement.
Malgré tout, selon Idriss, il faut célébrer les petites avancées car cela n’est pas productif de critiquer tout ce qui sort sous prétexte que ce n’est pas parfait.

Qu’il s’agisse du déplacement de la pollution des voitures électriques ou de la pollution liée à la production de panneaux solaire, selon lui, il faut se concentrer sur le positif en acceptant que nous allons améliorer le reste dans les années à venir.
Il faut accepter d’avancer pas à pas vers une amélioration qui permettra demain de modifier les courbes qui nous disent toutes que l’on va vers la catastrophe pour les humains et les autres êtres vivants sur la planète.
On commence à apprendre à lire la nature depuis quelques décennies et comme pour un livre, la nature a une valeur immatérielle beaucoup plus forte que sa valeur matérielle.
Dit autrement, caler une armoire avec un livre ou faire un feu pour se chauffer avec, c’est possible mais c’est sans doute passer à coté de la valeur immatérielle de ce dernier qui est constituée par son contenu évidemment.
Les exemples de l’utilisation de la nature sont nombreux, Idriss parle en particulier de gants inspirés par les pattes d’un petit lézard et permettant de grimper aux murs mais qui ont également permis de développer un robot pour nettoyer la station spatiale.
Les dauphins peuvent nous permettre d’apprendre énormément de choses comme dans leur manière de faire de la pêche sélective mais aussi de leur système interne de climatisation.

 

Le biomimétisme: porte de sortie pour les industriels?

 

Evidemment, nous sommes tous (plus ou moins) concernés par les problématiques environnementales aujourd’hui et il est normal de se demander pourquoi les industriels ne l’embrassent pas de tout leur corps.
Pour Gunter Pauli, il y a plutôt à l’inverse une levée des boucliers des industriels contre le biomimétisme. Les lobbys ont la peau dure et lutte énormément contre ce mouvement d’ailleurs.
Selon Idriss, la réponse est simplement lié au fait que dans notre culture on a du mal à associer nature et argent. On aurait plutôt même tendance à les opposer.
Pourtant, il est convaincu que l’on peut respecter la nature tout en générant beaucoup plus de profits qu’aujourd’hui si on prend le temps de s’intéresser suffisamment au sujet en cherchant des solutions alternatives.
Toutefois, le moins que l’on puisse dire est que l’humain aujourd’hui a plutôt tendance à détruire la nature qu’à essayer de la protéger.
Et surtout, force est de constater que la très grande majorité des personnes ne sont pas du tout prêtes à changer de mode de vie de manière drastique afin de respecter la nature.
Idriss défend l’idée lui que cette « écologie corvée » n’a pas d’avenir car personne n’a envie de remplacer le « fun » par la corvée.
Plusieurs activistes essaient d’ailleurs de défendre une écologie « fun » un peu à la manière de Tesla qui a inventé la voiture électrique « sexy ».
Pour Idriss, il faut plutôt se concentrer à ajouter de la connaissance pour traiter nos déchets.
Ainsi, il s’appuie sur le recyclage des déchets nucléaires que l’on arrive désormais à partiellement transformer en batterie qui peuvent émettre de l’énergie pendant des milliers d’années.
Idriss par du principe que si on arrive à faire cela avec des déchets aussi graves, alors il est sans doute raisonnable de penser qu’il peut en aller de même pour tous les déchets si l’on y porte une attention suffisante.
La problématique est que les déchets sont plutôt considérés comme des corvées auxquels on ne donne pas suffisamment d’attention tant au niveau ménager qu’industriel.
L’état d’esprit doit absolument évoluer et c’est un mouvement qui est en route selon lui.
D’aillers, Idriss défend l’idée que cela doit venir de personnes qui en sont passionnées car l’attention ne se donne qu’à ce prix.

 

La décroissance est-elle LA solution?

Il est absolument impossible d’aborder ces sujets sans aborder le thème de la collapsologie ou plus précisément de la décroissance.
Idriss s’oppose à l’idée d’une extinction même partielle de la race humaine comme beaucoup le défendent en constatant les défis écologiques et en les mettant en face de la démographie associée à nos modes de vie surconsommateur d’énergies « sales ».
Pourtant Idriss considère qu’il n’y a pas de crainte en terme démographique, qu’évidemment il faut modifier nos consommations d’énergies et nos manières de faire en s’inspirant de la nature mais pour lui la réponse sera industrielle et non dans la privation.
Même s’il reconnait qu’un prolongement de courbes nous amène nécessairement dans le mur, il considère que ce n’est pas une bonne manière de réfléchir car l’histoire prouve que ce ne sont pas des bonnes méthodes car elles omettent la capacité de l’être humain à évoluer voire changer.
Evidemment, en écoutant le podcast, vous aurez des réponses beaucoup plus détaillée à tout ces points.

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Vlan #56 Ethique et intelligence artificielle sont-elles compatibles? 

mardi 4 septembre 2018 à 06:39

Aurélie Jean est une scientifique numéricienne, fondatrice de In Silico Veritas et est très connue pour ses compétences et prises de position autour des sujets de l’intelligence artificielle entre autres.
J’avais déjà reçu Aurélie au tout début de ce podcast d’ailleurs sur un sujet plus généraliste autour de l’IA.
Et c’est justement pour cela que j’ai demandé à Aurélie de revenir nous parler d’un sujet qui me semble essentiel au 21 siècle à savoir: l’éthique.


C’est un épisode un peu particulier puisqu’il a été enregistré en live avec un public chez MylittleParis dans le cadre de leur université d’été.
J’aurais l’occasion d’en enregistrer d’autres avec du public donc surtout écrivez moi si cela vous intéresse.

 

L’éthique et l’intelligence artificielle sont-elles compatibles et si oui comment? 

En Europe et à fortiori en France nous avons une posture forte par rapport à l’éthique et il est donc nécessaire de se pencher sur ce sujet stratégique.
Oui Intelligence artificielle et éthique peuvent fonctionner de concert assène Aurélie.
Si on reprend les 3 modèles dans le monde autour de l’IA et de l’éthique, on a d’un coté et très schématiquement les U.S. qui considèrent la données comme un élément commercial (même si Aurélie rappelle que tout n’est pas si libéral au pays de l’oncle Sam), la Chine qui considère la donnée comme un élément du pouvoir afin de définir les « bons citoyens » et l’Europe dans laquelle, avec le RGPD dernièrement, on essaie de protéger la donnée.
Quoiqu’il en soit, elle est convaincue que l’éthique et l’ intelligence artificielle ne s’opposent pas du tout.
En réalité,  l’éthique ne se définie jamais en « bien » ou « mal » mais plutôt en point de vue évidemment.
Simplement en fonction des valeurs, l’éthique et la morale peuvent évoluer d’un pays à l’autre.

Selon Aurélie, le RGPD est d’ailleurs un grand pas dans ce sens et explique comment les GAFA sont obligés de le respecter au moins pour l’Europe.
Il sera pertinent de regarder comment cette première version impacte les usages afin de faire évoluer la loi en fonction.
Ce qui est certain c’est qu’il faut éduquer car pour la première fois nos dirigeants ne comprennent pas la révolution en court même s’ils essaient de s’y intéresser.

Comment les biais cognitifs influencent l’éthique de l’intelligence artificielle?

Tout humain a des biais cognitifs, c’est à dire que sa manière de percevoir le monde est nécessairement différente d’un autre et cela va se retrouver dans l’intelligence artificielle.
Comme le souligne Aurélie, il y a des exemples très connus comme l’incapacité des smartphones (pour les 1er modèles) à proposer une reconnaissance faciale qui fonctionne pour les personnes de couleurs mais elle parle aussi de ses propres sujets d’études sur les traumatismes crâniens et donc de la taille des cranes humains sur lesquels elle s’est appuyée dans ses travaux.
Elle était alors partie sur une grande majorité de crânes de personnes blanches jusqu’à réaliser que les personnes asiatiques avaient des tailles de cranes différentes. C’est un simple exemple mais nous pourrions faire une erreur similaire.
Bref, même avec la meilleure volonté du monde, les biais sont partout.
Et évidemment, cela fini par créer des biais algorithmiques que l’on retrouve dans les machines mais ce n’est pas une volonté de ne pas être éthique ou de nuire de la part des scientifiques, vous l’aurez compris.
Selon Aurélie, c’est la responsabilité de toutes les personnes qui travaillent sur un projet d’avoir conscience des biais cognitifs car c’est la seule manière d’enrayer leurs propagations.
A chacun de devenir un peu plus philosophe pour aller dans ce sens et surtout favoriser la transdisciplinarité afin d’être plus pertinent.
Aurélie a d’ailleurs travaillé avec Grégory Renard sur un serment d’Intelligence Artificielle pour éviter les erreurs de jugements.
Il se trouve en ligne en français et en anglais et a pour objectif de défendre la vie (pas seulement celles des humains bien sur).
On y retrouve la protection de la données, la protection des pairs ou encore la transmission de l’information…

Peut on être compétitif et éthique?

C’est intéressant de constater que même quand les limites de l’éthique sont élargies cela ne résout pas nécessairement tout.
Aurélie prend à ce titre l’exemple du clonage humain qui même s’il est potentiellement accepté en Chine, n’a toujours pas eu lieu.
Mais le plus important est que l’éthique est une arme des consommateurs.
Les consommateurs sont le talon d’Achille de l’intelligence artificielle et demain Aurélie envisage que les consommateurs vont demander à utiliser des produits et des services avec un label éthique qui respectera leur vie privée et leur données.
Peut-être même que les consommateurs seront prêts à payer un peu plus cher pour que leurs données ne soit utilisées que pour une amélioration des services et pas à des fins commerciales.
Quand Youtube propose pour de payer pour accéder à un espace sans publicité ce n’est pas la même promesse. On vous facilite l’usage c’est vrai mais votre donnée est malgré tout capturé. Idem pour Netflix ou Spotify.
Pour Aurélie, l’Europe a donc une carte concurrentielle à jouer en prenant cette posture éthique, de services tout aussi efficaces mais respectueux.
Voire l’Europe pourrait devenir une terre d’accueil des personnes qui veulent protéger leurs données.

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Vlan #55 Le futur du travail et de la mobilité dans la ville

mardi 28 août 2018 à 09:20

Bruno Marzloff est sociologue, fondateur du groupe Chronos et pour son 2ème Vlan, nous allons parler du futur du travail et de son lien avec la ville.
J’ai déjà reçu Bruno sur mon podcast en juin pour parler du futur des villes et donc de manière très connectée nous parlons dans cet épisode 55 du lien intrinsèque avec le travail.
Il est évident que les villes concentrent le travail et que l’évolution des villes se fait de concert avec l’évolution du travail.

Comme c’est la rentrée pour tout le monde, il m’a semblé que cet épisode tombait juste à pic puisque vous l’écouterez sans doute entre votre travail et votre domicile.

 

Qui construit la ville? Quel lien avec notre travail?

Pendant un siècle la ville a été déterminée par des architectes et des politiques qui ont mis au centre la voiture sans forcément réaliser que cela menait à une impasse.
Finalement la filière automobile a largement contribué à la construction mais aussi à la philosophie de la ville.
A une époque ou évidemment la voiture était représentative de la liberté mais aussi de l’innovation.
Pompidou dans les années 60 disait encore qu’il fallait « refaçonner la ville pour la voiture ».
Mais aujourd’hui, il existe un rejet de la voiture en particulier pour les personnes qui vivent intramuros et on envisage le numérique comme une solution miracle à tous les problèmes de la ville.
Mais Bruno s’oppose en partie à cette position et parle par exemple de Waze.
On pourrait penser cette application comme intelligente tant elle utilise des algorithmes pour mettre du sens dans l’intelligence collective.
Cependant, pour Bruno, elle n’est pas intelligente pour le bien commun car en fluidifiant le trafic, elle ne fait que reporter le problème à plus tard.
A noter que les acteurs du web et en particulier Google ont pris une part de plus en plus importante dans la manière dont la ville se construit.
Que ce soit à travers Google Maps et Waze que l’on vient d’évoquer mais surtout de Sidewalks Labs, une filière de Google autour des villes « intelligentes » (smart cities).
Cette société permet de monitorer la ville en temps réel, de permettre à tout le monde d’accéder à ces données mais aussi de proposer des suites servicielles pour simplifier la vie dans la ville au quotidien.
Mais, comme le remarque Bruno, il reste un flou magistral sur la possession des données en particulier sur le test qu’ils sont en train de mettre en place à Toronto.
Ce n’est pas une question légère car posséder la donnée, c’est posséder le pouvoir.
Et du coup, il faut se poser la question de la place de l’usager dans cette ville maîtrisée par des sociétés privées.

 

Où allons nous travailler demain?

Dans la mesure ou les villes se sont aussi construites pour accéder à l’ensemble des services dont on pourrait avoir besoin, le digital ne va-t-il pas permettre le désengorgement des villes puisque l’on peut désormais trouver ce que l’on veut même à distance?
Mais aussi avec le télétravail par exemple mais avec la capacité de travailler dans des espaces comme les voitures autonomes?
Comme le souligne Bruno, la question du travail est déterminante dans la construction de la ville car la manière fordiste d’envisager le travail (9h-17h) créé des engorgements particulièrement néfastes pour la qualité de vie des citadins.
En particulier, cela implique de calibrer l’offre de transports publics pour gérer ces flux mais c’est évidemment illusoire car le reste du temps les routes ou les rames sont très allégées.
Bruno reconnait évidemment que le digital peut permettre de réduire ces déplacements subit en donnant la possibilité de travailler à distance.
C’est ce qu’il appelle la démobilité.
Mais les limites sont évidemment chez l’employeur qui imposent souvent la présence à 9h du matin mais par contre profitent du digital pour exiger une réactivité le soir ou le WE.
Pour Bruno ce qui est en train de s’inventer c’est une individualisation des solutions avec des nouvelles manières d’envisager le travail pour chacun.
Que ce soit à travers les espaces de co-working, le travail à distance doit aussi se mêler avec le présentiel qui est évidemment non négociable et très important pour que cela fonctionne bien.
Les voitures autonomes vont se réaliser mais selon Bruno, il faut surtout réfléchir à savoir si cette logique de la voiture particulière a toujours du sens tant les routes sont complètement surchargées.
On peut évidemment envisager que les voitures autonomes seront nos bureaux de demain et que par conséquent, on sera moins regardant au temps passé dans ces dernières puisque ce dernier sera devenu productif.
Mais pour Bruno, il faut réinventer la manière d’utiliser la voiture, que ce soit par un principe de voiture partagée (type autolib) ou de co voiturage mais dans tous les cas, on ne pourra pas maintenir cette logique de voiture individuelle à terme.
D’ailleurs, des solutions s’appuyant sur la blockchain envisagent de résoudre cette problématique de covoiturage dynamique sur des courtes distances.
Au final, au centre du travail de demain se trouve la confiance: peut-on être dans un modèle de confiance tel que l’on peut envisager un nouveau modèle de productivité du travail et dans lequel l’épanouissement du travailleur sera au coeur des objectifs de l’entreprise.

Je pense qu’il y a encore beaucoup à dire sur l’évolution du travail et j’aurais l’occasion d’y revenir.
Je trouvais intéressant de le regarder sous le prisme de la ville car c’est une relation totalement imbriquée et souvent subite par la plupart des citadins qui « montent » à la ville pour pouvoir trouver un travail qui les satisfait

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